Quand le MEDEF cherche sa chair à canon à l'école
Alors que plusieurs parlementaires, des syndicats enseignants, des familles endeuillées proposent de mettre fin au stage de seconde et de réformer celui de troisième, la convention signée le 14 avril entre le ministère de l’Éducation nationale et le MEDEF semble prendre la direction inverse.
La canicule est un krach «écolonomique»
Timothée Parique - économiste, chercheur à la Faculté des hautes études commerciales de l’Université de Lausanne (Suisse)
(article complet)
Nous traversons une canicule historique et, déjà, la mécanique médiatique tourne à plein régime. On parle ventilateurs, climatisation, épreuves du bac, réouverture de la baignade dans la Seine. Cet avant-goût dystopique a tout du blockbuster, des cartes rouges, des hospitalisations en pagaille, et un gouvernement en PLS. Une seule chose manque à l’écran : le mot «capitalisme».
On ausculte les symptômes mais pas la maladie. La cause, pourtant, n’est pas difficile à identifier. Notre système économique accro à la croissance est en train de faire une overdose de lui-même. Cette canicule n’a rien d’un caprice du ciel, nous récoltons des décennies d’inaction climatique, méthodiquement organisée par une minorité possédante qui prospère sur l’écocide.
Rappelons quelques faits. Selon le dernier Rapport mondial sur les inégalités, les 10% les plus riches de la planète sont responsables de près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Lorsque l’on regarde l’impact, non de la consommation, mais de l’épargne, c’est encore pire : les investissements de ce décile pèsent 77% des émissions mondiales. Le constat est désormais solidement documenté par la science : ce sont bel et bien les riches qui détruisent la planète.
Le capitalisme privatise les profits et socialise les dégâts
Ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité. Le capitalisme privatise les profits et socialise les dégâts. Le décile global le plus fortuné possède les trois quarts de la richesse mondiale, ce qui lui permet de capter plus de la moitié des revenus. Mais ces privilégiés ne supporteront que 3% de la facture climatique. La moitié la plus pauvre de l’humanité, elle responsable de 10% des émissions et détentrice de 2% de la richesse, héritera de près des trois quarts des coûts (1). Le réchauffement climatique n’est pas seulement une catastrophe écologique, c’est un transfert des riches vers les pauvres, et du présent vers l’avenir.
Chaque degré au-dessus des normales est le produit d’une décision d’investissement. Au premier trimestre 2026, TotalEnergies voyait son bénéfice bondir de 51%, dopé par la flambée des prix des carburants, au même moment où la planète bouclait les trois années les plus chaudes jamais mesurées. La Terre brûle et les pétroliers encaissent, comme si l’on payait une entreprise pour incendier notre propre maison.
En 1972, un groupe de chercheurs au MIT publiait les Limites à la croissance, une étude qui montrait que la croissance exponentielle des activités humaines mènerait tôt à tard à la pénurie, l’effondrement, ou aux deux. Nous ne les avons pas écoutés. Nous avons perdu un demi-siècle à gober le conte de fées de la «croissance verte» qui nous promet une économie immatérielle et décarbonée. Cinquante ans plus tard, ce découplage reste introuvable à l’échelle et au rythme qu’exigent les limites planétaires. La croissance verte n’est pas une solution, c’est un discours d’inaction, l’alibi parfait pour ne jamais remettre en cause le capitalisme.
La production ne peut pas se faire contre la nature
La canicule est un rappel à l’ordre. L’économie n’est pas une mécanique monétaire, c’est une sphère sociale encastrée dans une réalité biophysique. La production ne peut pas se faire contre la nature, ou du moins jamais longtemps. Il faut renverser l’ordre des priorités qu’on nous présente comme naturel : l’environnement n’est pas une variable d’ajustement au service de la croissance. C’est l’inverse. C’est l’économie qu’il faut remettre à sa juste place, à l’intérieur des limites de la biosphère.
Alors il va falloir ralentir. Pas tout le monde, ni au même rythme – ceux qui saccagent le plus freinent les premiers. Une décélération à plusieurs vitesses en proportion des revenus et des patrimoines, qui prend en compte les responsabilités et les capabilités de chacun. Organiser la décroissance des pays riches pour libérer autant du maigre budget écologique qu’il nous reste pour permettre à la grande majorité de la population de pouvoir enfin vivre dignement.
La vraie question, celle que cette canicule devrait imposer dans le débat, n’est pas de savoir s’il faut ou non allumer la clim. C’est de savoir quel système économique est capable de satisfaire les besoins de tous sans dépasser les limites planétaires. Car il faut revenir au sens premier du mot : une économie sert à économiser. Une économie qui prospère en détruisant ses propres conditions d’existence n’est pas performante, elle est suicidaire. Reste à décider qui, des multinationales ou du vivant, nous choisirons de sauver. La canicule, elle, a déjà tranché.
Son ascension politico-médiatique, bien décrite par nos confrères d’Acrimed, n’empêche pas que, les yeux effrayés rivés sur Bolloré, toute une partie de la gauche militante ignore la menace que représente Matthieu #Pigasse. Et semble ignorer le parcours et les dégâts commis par un des piliers du capitalisme français.
Enfin un banquier, multi-millionaire, propriétaire de médias, de gauche ! (enfin.. quand je dis "de gauche" ... on s'entend... je parle de la gauche "de gouvernement" de celle qui trouve que notre-ennemi-c'est-la-finance-mais-pas-tant-que-ça-quand-même pis qui trouve qu'on n'aime pas la réussite dans notre pays, n'empêche que si c'était bien géré comme le fait un acteur de la finance, les problèmes y seraient résolus, hein !)
Présenté comme un maillon clé de la transition énergétique, destiné à permettre à la France de s’affranchir de la domination chinoise en produisant des batteries made in Europe, Emme intègre pourtant une autre dimension, que ses promoteurs ont longtemps passée sous silence : une partie des métaux raffinés servira à l’industrie militaire.
La capitalisme, c'est la guerre
"Ce partenariat contribuera à garantir un approvisionnement résilient et souverain en munitions pour la France, tout en répondant aux besoins opérationnels et stratégiques évolutifs des forces armées et en renforçant la compétitivité de l'industrie de défense nationale", se félicitent les entreprises dans un communiqué commun.
Le capitalisme, c'est la guerre.
il apparaît sans équivoque qu’il est aujourd’hui impossible pour les grandes entreprises de bifurquer. Au-delà même des freins à une bifurcation vers des pratiques de sobriété, c’est l’impasse d’une adéquation entre capitalisme et écologie à laquelle on se heurte. L’enjeu central qui se dresse devant nous n’est plus la bifurcation des grandes entreprises mais leur fermeture et leur démantèlement.
Simple. Basique.
Un milliardaire de plus de la « Trump connexion ».
Y a pas quelqu'un·e qui a dit que les milliardaires de gauche, ça n'existait pas ?
Cette enquête montre l’envers de cette vitrine : les discours réactionnaires, racistes, antisémites, complotistes et validistes portés ou relayés par ses dirigeants, leurs connexions avec la fachosphère, et un fonctionnement commercial et managérial bien éloigné du récit associatif émancipateur.
Que ça se sache !
la sobriété en matière énergétique est oubliée, au profit de l’intervention sur les prix, ce qui conduit selon elle à une situation particulièrement inégalitaire et conflictuelle.
Je ne comprends pas qu'on ne veuille pas investir dans la sobriété... En même temps, la sobriété, c'est pas tout à fait un modèle viable pour du #capitalisme... Y aurait-il un lien ?
Un pognon de dingue : les aides publiques aux entreprises coûtent 211 milliards d’euros par an. Prodigieux tant ces dispositifs manquent de transparence et de redevabilité, et génèrent des effets d’aubaine massifs. Mieux : selon nos calculs, elles augmentent 3,3 fois plus vite que les aides sociales et 3 fois plus vite que le #PIB. Les assistés ne sont peut-être pas là ou on le dit.
Huit militants ougandais du mouvement StopEACOP ont été libérés le 29 avril, après avoir passé près de neuf mois en détention provisoire.
Les multinationales contrôlent le monde.
Lors du choc énergétique de 2022, l’Etat avait lancé un plan de sobriété. En 2026, le mot a disparu du débat public. Ce serait pourtant un moyen d’amortir la hausse des prix des carburants. Mais…
il faudrait arrêter le #BusinessAsUsual (et accessoirement en finir avec le #capitalisme ?)
ici, on va vous parler, non pas des robots intelligents d'Asimov, mais des robots aussi cons que les esprits tordus qui dirigent les entreprises qui vont les construire... On va donc parler Robot, IA, DumpingSocial, Esclavagisme, TechnoFascisme & Technoféodalisme... Tout un programme !
Ça y est, ça commence à parler de robots humanoïdes (à l'instant sur France Inter)... Et c'est un drame à venir
L’enjeu est désormais de régler la machine pour optimiser la productivité… « sans que ça explose », explique le journaliste Clément Pouré dans « Les nouveaux contremaîtres ». Enquête dans la machine.
Souvent quand des personnes « libristes » ou « qui parlent de trucs style Linux, etc » parlent de dangers des GAFAM, de capitalisme numérique, et autres pour dire à quel point c'est dangereux, on voit des personnes dire « encore des trucs techniques » ou « moi j'y comprends rien aux ordinateurs et à internet » ou « oui mais tout le monde ne peut pas connaître tout ça, on a pas le temps de connaitre tout ça ».
Ce qui m'agace parfois quand je lis ça ce n'est pas la phrase, c'est ce qu'elle rate : quand on vous parle de ces sujets on n'est pas en train de vous parler de numérique, on est en train de vous parler de politique ! Et c'est toute la problèmatique ici : le fait que même dans les « milieux de gauches », le capitalisme et le fascisme ont réussi à vous faire croire qu'on vous parle de technique quand on vous parle de politique.
« J’ai produit davantage de code au dernier trimestre que pendant n’importe quel trimestre de ma carrière. Je me suis aussi senti plus épuisé que pendant n’importe quel autre trimestre de ma carrière. Ces deux faits ne sont pas indépendants. »
Incroyable. Un outil qui améliore la productivité augmente aussi la fatigue, le stress etc.
Non, l'IA n'est pas votre amie.
Tout jeune, je dévorais les aventures écrites par Philippe Ebly, dont "Le robot qui vivait sa vie" que vous pouvez voir représenté ici à gauche.
Et bien entendu, viendra plus tard toutes les nouvelles et romans d'Asimov et notamment son cycle des Robots. Cette oeuvre de science-fiction m'apparaît aujourd'hui comme toujours plus utile pour comprendre les risques qu'entraînent l'arrivée des IA. Je vous passerai le détail de ma réflexion, car ce n'est pas le sujet de ce dont on va parler ici.Non, ici, on va vous parler, non pas des robots intelligents d'Asimov, mais des robots aussi cons que les esprits tordus qui dirigent les entreprises qui vont les construire... On va donc parler Robot, IA, DumpingSocial, Esclavagisme, TechnoFascisme & Technoféodalisme... Tout un programme !
J'aimais les robots quand j'étais jeune.
Aujourd'hui, je vois ce qu'on nous prépare avec cet imaginaire.
Désolé, Isaac, ils vont faire de la merde...
En plus de Capgemini, «CheckNews» révèle que les drones vendus par le Français Parrot facilitent le travail des agences fédérales chargées de la politique migratoire. Tout comme un logiciel de gestion de données biométriques élaboré par Thales.
Les entreprises françaises, toujours à la pointe pour aider les fascistes, on ne se refait pas !
liberation.fr/checknews/ice-pa
(en plus, les USA font le beta-test ; nous, on aura droit à une version sans bug, le rêve, hein !?)
Depuis deux semaines, la filiale américaine du géant français Capgemini est sous le feu des projecteurs, accusée d’aider les agences fédérales américaines dans leur chasse aux étrangers sur le sol américain. Les révélations de l’Observatoire des multinationales, reprises par l’Œil du 20 heures de France 2, ont montré que la société avait empoché des millions de dollars pour aider les forces de l’ordre à identifier, localiser et expulser les étrangers en situation irrégulière.
Peu de temps après la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, tués par des agents fédéraux à Minneapolis, ces contrats font polémique. Y compris en interne : les syndicats de Capgemini, CFDT et CGT en tête, ont dénoncé une contradiction avec les valeurs affichées par le groupe. Et le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a appelé à l’Assemblée nationale Capgemini «à faire la lumière de manière extrêmement transparente sur les activités qui sont les siennes, […] et sans doute à questionner la nature de ces activités».
Mais Capgemini n’est pas le seul fleuron tricolore à vendre ses services ou ses produits au Département à la sécurité intérieure (DHS), dont dépendent les agents de l’ICE et de la police aux frontières. Les drones de la société française Parrot sont aussi utilisés par ces agents, comme le mentionnent des appels d’offres que CheckNews a trouvés sur les sites gouvernementaux.
Les drones de l’entreprise Parrot
Depuis plusieurs années, ces drones sont vendus par un distributeur agréé par l’administration américaine, Darley Defense. Sur son site, celui-ci vante même les mérites du modèle «Anafi USA Mil», un drone «construit pour servir le DHS». «Grâce à la vidéo 4K HDR et à un appareil photo de 21 mégapixels, il permet à des agences telles que la police des frontières, les services de l’immigration (ICE) et les services secrets américains de visualiser des zones depuis les airs», promeut le distributeur. Les logos du DHS et de la police aux frontières apparaissent aussi sur le site de Parrot.
Combien de drones Parrot équipent la police anti-immigration, et pour quels types d’opérations ? Les agences fédérales contactées par CheckNews n’ont pas répondu. Parrot, de son côté, confirme que «le DHS est un client historique» avec qui la société a signé des contrats avant le retour de Trump à la Maison Blanche et que «différentes agences sont équipées des drones Parrot», sans être en mesure de préciser la répartition au sein de l’ICE et de la police aux frontières. Le 21 janvier 2026, cette dernière prévoyait encore d’acheter des drones de modèle «Parrot Anafi UKR» (à l’origine conçu pour être adapté au front ukrainien), pour répondre à un besoin de «capacité supplémentaire de reconnaissance, de surveillance et de suivi aériens afin d’améliorer la connaissance de la situation pour les commandants et les agents sur le terrain». Le montant prévisionnel était estimé entre 2 et 5 millions de dollars.
Thales et les empreintes digitales
L’ICE et la police aux frontières ont aussi pu compter sur les talents de Thales, géant français de la défense dont l’Etat français détient 26 %, pour la gestion des données biométriques et pour l’identification de millions de personnes vivant sur le sol américain. A la fin des années 90, et surtout après les attentats du 11 septembre 2001, Cogent (depuis racheté par Thales) a élaboré une brique logicielle du principal système de gestion des données biométriques américaines, Ident, permettant de relier «les données biométriques aux informations biographiques pour établir et vérifier les identités», expliquait un document publié par le DHS en 2024. D’après Thales, sa contribution s’est limitée à la partie «empreintes digitales» du système.
«L’ICE utilise Ident pour enregistrer les données biométriques des personnes rencontrées et/ou arrêtées […] dans le cadre d’enquêtes, d’arrestations, de mises en détention, et/ou d’expulsions des Etats-Unis», détaille un autre document du DHS. D’après 404 Media, une application de reconnaissance faciale et d’analyse d’empreintes digitales utilisée par l’ICE, Mobile Fortify, est d’ailleurs branchée sur la base de données Ident pour identifier les personnes arrêtées.
«Cette base de données, d’une puissance unique, repose toujours sur la technologie de Thales» qui est «la plus complète du monde» dans sa catégorie, se félicitait même la firme tricolore sur son site en 2021, dans un article depuis supprimé. Ajoutant qu’«il n’existe probablement aucune autre démonstration plus explicite de la capacité de l’entreprise à aider les autorités de contrôles aux frontières pour relever les défis du XXIe siècle». En 2019, le DHS a annoncé vouloir remplacer Ident par un nouveau système, Hart, mais celui-ci a accusé plusieurs années de retard et la solution logicielle de Thales est toujours utilisée.
Au-delà de ce système, Thales a vendu d’autres produits aux agences fédérales américaines en charge de la lutte contre l’immigration illégale. Des documents d’appels d’offres de 2020, consultés par CheckNews, indiquent que la police aux frontières utilise (ou a utilisé) Vormetric, un autre logiciel de chiffrement et sécurisation des données, commercialisé par Thales, et dont la société fait aussi la promotion sur son site.
ICE, la milice anti-migrants de Trump, est à nouveau au centre de l’actualité depuis l’assassinat de Renee Good à Minneapolis. De nombreuses entreprises profitent à plein de l’expansion du budget et des activités de cette agence, dont un groupe du CAC 40 : Capgemini.