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Article complet, pour cause d'intérêt majeur :
Didier Guérin, haut magistrat : « Marine Le Pen est actuellement inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi »
Propos recueillis par Franck Johannès
Entretien
Le président de chambre honoraire à la Cour de cassation détaille, dans un entretien au « Monde », les mécanismes de l’exécution provisoire et le risque qui pèse sur la candidature de la cheffe de file du RN à l’élection présidentielle de 2027.
Ancien responsable du service de la législation pénale au ministère de la justice, Didier Guérin a rejoint la Cour de cassation en 2007 et a été président de la chambre criminelle de la haute juridiction de 2014 à 2017, puis membre du Conseil supérieur de la magistrature de 2019 à 2023. Le magistrat, aujourd’hui président de chambre honoraire à la Cour de cassation, est un spécialiste de la procédure pénale qui fait autorité. Il estime que la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027, Marine Le Pen, est toujours inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation, qui doit trancher sur son pourvoi, et qu’elle se trouve ainsi dans une situation juridiquement complexe.
Dans le numéro de la revue « Droit pénal » paru en octobre, vous avez analysé la situation de Marine Le Pen d’un strict point de vue juridique. Quelle est-elle ?
J’ai fait cet examen approfondi sur la question posée par l’inéligibilité avec exécution provisoire, en raison de sa complexité. Ma conclusion est que Marine Le Pen est actuellement inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi, et qu’en cas de cassation de l’arrêt de la cour d’appel de Paris, elle le demeurera.
La candidate du Rassemblement national a été condamnée à deux reprises, dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti, alors le Front national…
Elle a en effet été condamnée, le 31 mars 2025, par le tribunal correctionnel de Paris, pour « détournement de fonds publics » et « complicité de détournement », à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, mais aménageables sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
Le 7 juillet, la cour d’appel de Paris a confirmé sa culpabilité, mais elle a réduit sa peine à trois ans d’emprisonnement dont deux ans avec sursis, la partie ferme étant aménagée sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique, avec toujours 100 000 euros d’amende. La cour a enfin prononcé une peine d’inéligibilité de quarante-cinq mois dont trente avec sursis, de sorte que, au prononcé de l’arrêt, la période d’inéligibilité de quinze mois était exécutée.
Quelles sont les conséquences de son pourvoi en cassation ?
Le pourvoi suspend l’exécution de la décision de la cour d’appel, jusqu’au prononcé de la décision de la Cour de cassation. Ce qui signifie que Marine Le Pen se trouve maintenue dans la situation juridique antérieure : l’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, décidée par le tribunal correctionnel, continue à s’exécuter et n’est pas suspendue, elle, par le pourvoi. Marine Le Pen est donc toujours inéligible.
Quel est le sens de l’exécution provisoire ?
L’exécution provisoire permet d’appliquer immédiatement une peine sans attendre le résultat d’un recours. Il est ainsi possible, par exemple, d’interdire immédiatement à un professionnel condamné pour agressions sexuelles de rester en poste, en attendant la décision de la cour d’appel, voire, en cas de pourvoi, de la Cour de cassation : on peut comprendre qu’un tribunal juge indispensable de l’empêcher immédiatement d’exercer sa profession, au regard du danger qu’il présente, en attendant la réponse ultime de la justice.
Le pourvoi suspend ainsi la décision prononcée par la cour d’appel, mais l’interdiction prononcée par le tribunal avec exécution provisoire demeure. Le même raisonnement s’appliquerait à l’exécution provisoire de peines d’interdiction du territoire français à des étrangers délinquants.
Ces règles s’appliquent à la peine d’inéligibilité avec exécution provisoire, le Conseil constitutionnel l’a déclaré conforme à la Constitution en 2025, sous réserve d’une motivation spéciale de la décision. Le juge doit rechercher si l’exécution provisoire d’une inéligibilité constitue une atteinte proportionnée à l’exercice d’un mandat ou à la liberté des électeurs – le tribunal de Paris a estimé que c’était le cas pour Marine Le Pen.
Des juristes ont cependant assuré que l’inéligibilité de Marine Le Pen était, elle aussi, suspendue par le pourvoi…
A mon avis, à tort, et je n’ai pas vu jusqu’à présent d’argumentations à l’appui de leur position. En revanche, il existe plusieurs jurisprudences qui posent le principe que l’exécution provisoire d’une peine décidée en première instance demeure applicable pendant la procédure de cassation. Il s’agit de deux arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation, du 28 septembre 1993 et du 16 décembre 2014, à propos de l’exécution provisoire d’un sursis avec mise à l’épreuve, ainsi que d’un arrêt du Conseil d’Etat le 20 décembre 2019 dans un contentieux électoral. Aucune jurisprudence contraire à celles que je mets en avant n’est intervenue à ce jour.
Il s’agissait d’affaires différentes…
Bien sûr, le cas de figure pour Marine Le Pen est effectivement nouveau, mais le principe posé par l’exécution provisoire de l’inéligibilité est juridiquement le même, et il ne peut pas y avoir de règles différentes selon les hypothèses. L’objectif de l’exécution provisoire, c’est l’exécution immédiate d’une peine, quelle qu’elle soit, et elle doit avoir une portée générale applicable à toute décision. Un principe simple est ainsi appliqué : une décision d’appel dont l’effet est suspendu ne remet pas en cause ce qui a été décidé avec effet immédiat par une première juridiction.
Rémy Heitz, le procureur général près la Cour de cassation, ne partage pas votre analyse. Il a indiqué, le 9 juillet, sur France Inter, que « ce n’est pas un raisonnement fondé ».
Je connais sa position, mais mon étude m’a conduit à une conclusion différente.
Que se passe-t-il si la Cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation renverra alors l’affaire devant la même cour d’appel autrement composée, ou devant une autre cour d’appel pour un nouveau procès. L’inéligibilité décidée en première instance continuera de s’appliquer, et Marine Le Pen ne pourra donc pas, en principe, se présenter à une quelconque élection avant le 31 mars 2030, tant qu’elle n’aura pas de nouveau été jugée en appel.
C’est au Conseil constitutionnel qu’il appartiendra toutefois d’établir la liste des candidats à l’élection présidentielle, au plus tard le 26 mars 2027. La question est de savoir si le Conseil constitutionnel s’estimerait lié par la décision judiciaire, comme le ferait dans un cas similaire le Conseil d’Etat. Si cette liste est établie avant la décision sur le pourvoi, Marine Le Pen sera de la même manière, selon mon analyse, inéligible.
Et si le pourvoi est rejeté ?
Si le pourvoi est rejeté, la condamnation de Marine Le Pen par la cour d’appel devient définitive, et la question de l’inéligibilité ne se pose plus, puisque les quinze mois fixés par la cour d’appel auront été exécutés. Se posera une autre question, l’exécution de la détention à domicile avec bracelet électronique. Compte tenu du calendrier, il m’apparaît peu probable qu’un placement sous bracelet électronique puisse être mis en œuvre avant les échéances électorales.
Où en est l’instruction du pourvoi, qui est au cœur de la candidature de Marine Le Pen ?
La Cour de cassation a indiqué, le 16 octobre, que 13 pourvois ont été formés par 12 personnes condamnées par la cour d’appel, et par le Parlement européen, partie civile. Leurs mémoires vont être examinés par deux rapporteurs et deux avocats généraux, compte tenu de l’urgence.
Des questions prioritaires de constitutionnalité ont aussi été déposées et seront examinées le 16 décembre, puis éventuellement transmises au Conseil constitutionnel si la chambre criminelle estime qu’elles sont nouvelles ou sérieuses. Le Conseil constitutionnel devra alors statuer dans les trois mois. Mais la chambre criminelle devra attendre cette décision avant de tenir une audience sur les pourvois : le calendrier deviendrait très serré, alors que le premier tour de l’élection est prévu le 18 avril 2027 et la liste définitive des candidats dressée le 26 mars au plus tard. Si les questions ne sont pas transmises, le déroulement de la procédure sera plus rapide.
Mais que se passe-t-il si le pourvoi est examiné à une date très proche de l’élection présidentielle ?
Si la Cour de cassation n’a pas tranché les pourvois avant l’établissement de la liste officielle des candidats, l’exécution provisoire de l’inéligibilité avec exécution provisoire prononcée par le tribunal correctionnel s’appliquera comme elle s’applique aujourd’hui, et Marine Le Pen sera juridiquement inéligible.
Le point est d’importance : si Marine Le Pen était retirée de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel, il serait alors trop tard pour qu’un autre candidat de son parti puisse concourir à l’élection présidentielle.
Dans ce cas, pourquoi les avocats des condamnés prennent-ils le risque de retarder l’examen des pourvois en multipliant les questions prioritaires de constitutionnalité ?
C’est un choix de la défense, qui n’entre pas dans le cadre d’une analyse purement juridique.
Que devient la condamnation de Marine Le Pen si son pourvoi est rejeté et si elle est élue présidente de la République ?
L’article 67 de la Constitution dispose que le Président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ».
Elle bénéficiera donc d’une immunité présidentielle qui empêchera l’exécution de la peine pendant son mandat. Cette immunité fera à l’évidence obstacle à la pose d’un bracelet électronique, même si ce n’est pas expressément dit par les textes. Marine Le Pen devrait alors exécuter la peine après son mandat.
Ce serait la première fois qu’un chef de l’Etat, définitivement condamné, entrerait à l’Elysée ?
Non, Louis-Napoléon Bonaparte avait été condamné avant d’être élu président de la République en 1848. J’ajoute que l’opposition pourrait estimer que cette condamnation est manifestement incompatible avec l’exercice du mandat présidentiel, au regard notamment du rôle, prévu par la Constitution, de garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Elle pourrait envisager une procédure de destitution devant la Haute Cour, en application de l’article 68 de la Constitution. Mais, compte tenu des strictes conditions exigées, cette procédure n’aboutirait probablement pas.
Et un petit coup de pression de la mafiAtosca pour que les collectivités (c'est à dire nous toustes) paient leur délire mégalautomaniaque...
Annoncée pour le 6 novembre, l'autoroute A69 n'ouvrira finalement pas à la date annoncée. En cause notamment, un blocage des négociations au sujet du prix du péage et des problèmes techniques retardant la mise en exploitation. Le concessionnaire Atosca dément en affirmant tout mettre en œuvre pour ouvrir l'autoroute à la date annoncée.
« Le marché boursier s’est transformé en une course spéculative effrénée… et nous assistons aujourd’hui à l’éclatement de la bulle. »
Sans grande surprise, la publicité se pare des valeurs de l'extrême-droite pour toucher son public
Nostalgie assumée ou gastronationalisme déguisé ? La nouvelle pub Intermarché, qui promeut sa gamme « Terroirs », cumule déjà quelques polémiques et entraîne une vague de racisme, retrace notre chroniqueuse Nora Bouazzouni.
Le début de la fin. Depuis quelques semaines, les signaux d’alerte s’accumulent. Le 24 septembre, Oracle, un géant étasunien de la tech, a annoncé qu’il ne payerait pas une partie d’un data center au Nouveau-Mexique. Le 13 octobre, Character.AI, un service de chatbots, a déclaré la faillite. La capitalisation boursière du constructeurs de data centers CoreWeave a été divisée par deux depuis juin.
Atterrissage en 2027.
La police française a encore tué un innocent pendant que celui-ci jouissait d'un droit issu directement de l'article 11 de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen.
Rustdesk en ligne de commande pour la configuration réseau
sudo rustdesk --config =M4Sup3rCh41n3D3C4rAct3r35 (en vrai c’est carrément plus long)Après la bérézina de la semaine dernière et la panique engendrée par la divulgation de deux failles PHP majeures, la PHP Foundation publie un billet qui sonne comme un mea culpa. Elle admet avoir laissé un problème repéré dès 2024 sans correctif, faute d’en mesurer la gravité. Seules les recherches menées avec l’IA ont fini par la démontrer. Entre arbitrages bloqués, fuites en cascade et embargo rompu, l’histoire de PHP2Shell en dit long sur la fragilité de nos écosystèmes numériques et sur l’immensité des chantiers de réparation engendrés par l’IA…
Les lycéen·nes demandent l'abrogation de #Parcoursup et, sans surprise, le gouvernement annonce un ripolinage qui sera peu ou prou un nouveau look et un nouveau nom (genre "France Supérieure" ou une merde du genre)
Philippe Baptiste promet un "travail de lisibilité" et de "facilité d'usage de la plateforme" dès la session 2027
par @UnePorte@Eldritch.cafe
Le S-1 d'Anthropic vient d'être rendu public.
Ça fait... 335 pages hors annexes, 2300 pages sur ma liseuse. Et j'imagine qu'une grande partie est (fièrement) générée par IA. Impossible a lire, donc, encore moins séquentiellement.
Je pense appliquer la même strat que pour celui de spacex c'est a dire lire l'intro puis le reste au pif, et voir si y'a des trucs intéressant qui me tombent dessus par hasard.
Nous sommes des militant·es ayant participé à différentes mobilisations paysannes, écolos et sociales ces dernières années en France, et soucieux·ses des questions de sécurité (numérique mais pas que) dans nos espaces d’organisation.
Les recommandations que nous diffusons pour réduire les risques face aux flics s’appuient avant tout sur les pratiques et moyens d’enquête documentés. On peut en avoir des aperçus par les dossiers judiciaires qui visent nos camarades ou des documentations publiques d’autres militant·es ou diffusées par des journalistes.
Nous documentons aussi d’autres techniques d’enquête plausibles pour anticiper de nouvelles formes de menaces, mais dont nous ne connaissons pas de cas réel. On les distingue explicitement des pratiques habituelles et documentées.
Et comme à l'accoutumée, les meufs prennent deux fois plus cher quand elles vont en manif...
Force à vous les filles !
À compter de ce jour, les mails issus de Gmail qui me sont adressés sont automatiquement rejetés via une règle SIEVE (et ceux issus de Microsoft aussi, pas de jaloux)
Ouaip, je deviens un vieux con mais mes réponses n'alimenteront ni IA ni publicité
Mon filtre SIEVE :
require ["reject","fileinto"];
if header :contains "From" ["gmail.com","hotmail.com","hotmail.fr","live.fr","live.com","outlook.fr","outlook.com"]
{
reject "Suppression automatique des mails Google/Gmail et Microsoft/Live-Outlook-Hotmail à compter du 27 octobre 2026
Bonjour Schtroumpf,
JE N'AI PAS REÇU VOTRE MESSAGE !
En effet, à compter du 27 octobre 2026, les emails envoyés à partir des services de Google (gmail) ou de Microsoft (Live/Outlook/Hotmail) qui me sont adressés seront automatiquement supprimés sans que je puisse les lire.
L'usage de nos échanges pour l'apprentischtroumpf de l'IA ou la publicischtroump est illégaschtroumpf car je n'ai jamais autorischtroumpfé Google, Microsoft et autres à schtroumpfer ma corresponschtroumpf privée et encore moins, pour vous schtroumpfer de la publicité schtroumpfée.
Pour en savoir plus : https://next.ink/263704/google-ouvre-la-voie-aux-pubs-ciblees-via-gmail-et-photos-au-nom-de-lia-personnalisee/
Merci de me schtroumpfer une autre schtroumpf email respectueuse de nos schtroumpfs privés où je peux vous schtroumpfer. (Vous pouvez vous schtroumpfer sur https://www.demailnagement.net pour trouver un autre schtroumpfeur d'email.)
Si vous schtroumpfez en savoir plus sur mon désamour pour (notaschtroumpf) l'IA et/ou les GAFAM, je vous schtroumpfe à lire ces schtroumpfs :
sur l'IA : https://lesliensde.jeey.net/?searchterm=&searchtags=IA+
sur les GAFAM : https://lesliensde.jeey.net/?searchterm=&searchtags=GAFAM+
Maintenant, vous ne pourrez plus schtroumpfer que vous ne saviez pas.
Bien cordiaschtroumpf,
Jérémy";
}
Vous voilà prévenu·es, vous savez maintenant comment ne pas me joindre !
En Serbie, après quasiment 2 ans de mobilisation, le mouvement des étudiants remporte les élections législatives et vire le premier ministre populiste !
Une belle victoire qui devrait nous inspirer (mais on a que 6 mois !)
En Serbie, le mouvement des étudiants remporte les législatives face au dirigeant populiste Aleksandar Vucic
CRS, SS
Police, milices, même combat
Attaques d’extrême droite contre des cortèges du 24 octobre : à Nancy, Rouen ou Montpellier, l’attitude des forces de l’ordre en question
Des dizaines de descentes violentes, des manifestants pacifiques agressés, des passages à tabac et une police qui, dans certaines villes, laisse faire. Samedi 24 octobre, l’extrême droite a profité d’une nouvelle journée de mobilisation en soutien aux lycéens et contre la vie chère pour mener des raids contre les cortèges syndicaux. Dans plus d’une quinzaine de villes, Libé a pu se faire confirmer des attaques violentes de militants de la mouvance, associés à des hooligans ou des ultras de groupes de supporteurs de foot, pour certains armés.
Nous avons pu nous faire confirmer la présence de ces «milices» à Nice, Montpellier, Lille, Nantes, Rennes, Dijon, Bordeaux, Bayonne, Tours, Rouen, Toulouse, Caen, Clermont-Ferrand, Lyon, Bordeaux et Brest. Une mobilisation de la mouvance alors que toute la semaine, des influenceurs et des personnalités de l’ultradroite ont multiplié les appels à s’organiser contre «des émeutes ethniques» et à réclamer «la remigration». Des attaques qui, selon les images consultées par Libération, se sont faites sous les yeux de forces de l’ordre qui restent passives voire mènent des charges en complément des jets de projectiles de ces militants d’extrême droite.
A Nancy par exemple, des vidéos que Libération a pu se procurer montrent ainsi un groupe d’une trentaine de militants cagoulés charger une première fois le cortège au niveau de la rue du Pont-Mouja dans le centre-ville en lançant des projectiles sur les manifestants. Ils se replient ensuite derrière un cordon de gendarmes mobiles. Les militaires avancent ensuite vers le cortège au pas de course et sont suivis par les nervis d’extrême droite qui chantent la Marseillaise en participant à l’offensive. «Le groupe d’extrême droite présent a profité d’une charge des gendarmes mobiles pour se joindre à eux et s’attaquer à nous», confirme un militant de gauche présent sur place.
À Nancy, le 24 octobre,une «milice» d'extrême droite se replie derrière la police
Un second groupe, muni de brassards blancs, a aussi tenté de s’en prendre aux manifestants vers 17 heures près du parc de la Pépinière, située non loin de la place Stanislas. Celui-ci était organisé autour de la responsable locale du groupuscule identitaire féministe Némésis, présente sur place avec, selon nos informations, une cagoule frappée de la croix celtique des néofascistes.
Protégés par les boucliers des policiers
L’attitude des forces de l’ordre interroge aussi à Rouen où une vidéo du média en ligne Blast montre une charge des militants d’extrême droite contre des manifestants dont plusieurs sont roués de coups avant que la police n’intervienne… contre les victimes malgré les cris de protestations de la foule. Pendant de longues secondes, les agresseurs, dont certains sont membres du groupuscule identitaire Les Normaux selon les infos de Libé, ont crié «la rue, la France, nous appartient» (sic) derrière le cordon de forces de l’ordre, provoquant les manifestants.
A Montpellier, des militants d’extrême droite du groupuscule identitaire Jeune d’Oc s’en sont aussi pris aux manifestants. Sur des images diffusées en ligne et que Libé a pu se faire confirmer par des témoins de la scène, les assaillants ont pu se réfugier derrière un cordon de CRS après leur attaque et même continuer à frapper un homme au sol, protégés par les boucliers des policiers. La victime a ensuite été traînée au sol par ces derniers et interpellée.
A Bordeaux, d’après une vidéo publiée sur X par Nordine Raymond, ancienne tête de liste de La France insoumise aux municipales, plusieurs personnes masquées et armées de barres de fer ou de bâtons ont, eux, lynché deux personnes au sol pendant de longues secondes malgré les cris des témoins qui leur demandent d’arrêter. Sur les images, un homme brandit également une arme de poing sans que l’on sache si elle est factice ou non. A Tours, une quarantaine de nervis d’extrême droite, dont des militants du groupe identitaire Des Tours et des Lys, ont agressé le cortège et ont posté une photo de leur groupe posant devant la basilique Saint-Martin, prétendant l’avoir protégé «d’une attaque antifasciste».
Groupuscules néofascistes et ultras de foot
Toutes les attaques n’ont pas eu lieu pendant les manifestations, comme à Nantes où deux militants de gauche ont été agressés dans un bar après la mobilisation par des militants du groupe néofasciste local Unvez Naoned appuyés par les Rennais de l’Oriflamme. Les mêmes ont ensuite tenté de s’en prendre un peu plus tard aux clients d’un bar réputé de gauche dans le centre-ville. A Clermont-Ferrand, des membres du groupuscule néonazi Clermont non-conforme, associés à des hooligans, se sont permis de se prendre en photo sur la place de la Victoire après leur action, sous les yeux, là aussi passifs, des policiers déployés.
Les scènes de violences ont été particulièrement documentées par des vidéos à Nice, où c’est un groupe de plus d’une centaine de personnes qui a tendu une embuscade au cortège syndical à proximité de la place Masséna. Selon le récit de l’attaque publié dans Nice Matin, les assaillants étaient composés de membres du groupuscule néofasciste Aquila Popularis et d’ultras de la Brigade Sud Nice (BSN), un groupe de supporteurs de l’OGC Nice particulièrement lié à l’extrême droite. Avant leur forfait, la bande s’était réunie dans un bar fréquenté par la BSN situé à proximité du stade du Ray. Plusieurs personnes ont été blessées avant que les militants d’extrême droite ne reculent finalement sous la pression du nombre.
Sur une vidéo diffusée par le député insoumis Raphaël Arnault (ancien porte-parole des antifascistes de la Jeune garde, aujourd’hui dissoute), on peut voir la «milice» se réunir avec des policiers casqués et visiblement s’entretenir avec eux non loin de l’ancien stade du club azuréen. Dimanche 25 octobre, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé dans un communiqué avoir ouvert «une enquête en flagrance confiée au SLPJ 06 [Service local de police judiciaire des Alpes-Maritimes, ndlr] pour identifier et interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans les violences aggravées qui se sont déroulées dans le centre-ville». A l’AFP, le magistrat a indiqué «vouloir apporter une réponse extrêmement ferme à ces faits de violence».
«Protéger les commerces»
Dans de nombreuses villes, des membres de ces milices étaient porteurs d’un brassard blanc dès 10 heures du matin, comme l’attestent des images du média d’extrême droite Frontières. Une façon de se reconnaître mais aussi de répondre à l’appel d’un influenceur et coach sportif montpelliérain, Charlie D., qui a créé une plateforme «d’entraide citoyenne» dans le but de «protéger les commerces» en formant des groupes de volontaires se signalant par un brassard ou un tissu blanc. L’homme avait pu présenter son projet sur CNews en début de semaine profitant d’une large médiatisation mais assurant ne pas vouloir monter «de milices». Il avait expliqué que «l’Etat ne protège pas ses citoyens».
Quilicura, un village d'une région du Chili où poussent des datacenters mettant en péril l'alimentation en eau pour les êtres vivants, a décidé de devenir une IA "humaine et collective" pour répondre à vos questions.
Quelle innovation ! Faire appel à des gens pour leur demander de faire des dessins, de répondre à des questions, de nous renseigner, de nous aider. C'est révolutionnaire !
La grève, c’est cool
Créée par quelques personnes qui avaient envie d’expliquer à leurs ami·e·s pourquoi elles faisaient grève, et comment ça marche.
Deux jours avant la manifestation du 24 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram ,Snapchat et X. Blast révèle la lettre et le compte rendu de la réunion qui a suivi, où les opérateurs ont exprimé leurs doutes. Le gouvernement avait déjà utilisée cette mesure liberticide en Nouvelle-Calédonie en 2024, avant d’être désavoué par le Conseil d’État.
Cet épisode du podcast du Festival des Solidarités remonte la chaîne de fabrication de l’IA, loin des paillettes et des émojis étincelles. Au bout du fil, il y a des centaines de millions de data workers, au Kenya et ailleurs dans les Suds, payé·es quelques centimes la tâche pour trier, annoter et nettoyer les contenus les plus violents du web, réduit·es au silence par des clauses de confidentialité. Il y a des data centers géants, voraces en eau et en électricité, pour lesquels on rouvre des centrales nucléaires. Il y a des mines, en Guinée et ailleurs, où l’on chasse les habitant·es de leurs terres pour extraire les minerais de nos écrans.