Les systèmes d’intelligence artificielle générative persistent à être très facilement manipulables via Reddit, Quota ou Wikipédia. Pour preuve : une série d’à peine 13 mots suffit dans certains cas à orienter les résultats d’outils grand public comme les systèmes de recherche par IA de Google, ou ChatGPT.
Ni Reddit ni Wikipédia ne pourront régler ces enjeux seuls, soulignent néanmoins les chercheurs auprès de 404 : il s’agit plutôt d’un problème « de niveau sociétal ». Le simple fait qu’un agent génératif ne fasse aucune différence entre un commentaire publié sur un site participatif et une source vérifiée pose, en soi, de vrais problèmes en termes de qualité de l’information fournie aux internautes.
« Beaucoup de collègues pensent que LA source des stéréotypes des grands modèles de langues (ou IA génératives) à la gpt c'est les données d'entrainement... Certes, elles jouent un rôle, mais il y a d'autres sources de biais stéréotypés. L'une d'elles est assez inattendue : l'évaluation »
(source : https://social.sciences.re/@kfort/116758777013995442)
AI;DR (AI, didn’t read) : « c’est de l’IA, je ne l’ai pas lu » ! Un jugement qu’on énonce couramment et qui décrit la transformation de notre rapport aux textes, à l’heure où tout doit aller si vite, qu’on n’a plus le temps d’écrire ni de lire. Un refus face au déferlement : « c’est de l’IA, je ne veux même pas le lire » !
Si vous avez un sticker/gif/image à me proposer, je suis preneur
“La direction a perdu toute boussole morale” : le chef de la sécurité d'Android claque la porte de Google
IA militaire, surveillance des Européens, principes éthiques effacés : pourquoi il a tout quitté
Will AI make us all richer and more productive, or steal our jobs and impoverish us? The Industrial Revolution gives us clues about what could be about to happen.
« Vous aussi, vous boycottez ChatGPT et vous ne savez pas quoi dire à vos proches pour qu'iels arrêtent d'utiliser les IA génératives pour tout et rien ?
Commown vous a concocté un résumé des raisons pour lesquelles on boycotte les IA génératives en interne.
👇 Voici des arguments pour vous aider à convaincre vos proches. »
Pour développer des champions européens de l’IA et satisfaire les demandes de l’administration #Trump, la Commission européenne s’attelle à détricoter le Règlement général sur la protection des données personnelles (#RGPD) et à assouplir le règlement sur l’intelligence artificielle (#AIAct).
Un rapport de l'Université des Nations unies chiffre pour la première fois l'empreinte carbone, hydrique et foncière de l'intelligence artificielle. Les chiffres donnent le vertige : 945 TWh d'électricité projetés en 2030, 9 300 milliards de litres d'eau, 14 500 km² de terres. Et chaque prompt que vous envoyez y contribue.
Google Labs lance Dreambeans, une application expérimentale qui fouille vos mails, votre agenda et votre historique YouTube pendant que vous dormez pour vous livrer chaque matin une sélection d’histoires illustrées par IA.
Actualité ou épisode de Black Mirror ?
La plateforme française jure que ses données médicales sont à l’abri en Europe, mais elle transmet la plupart de ses informations à Google, Microsoft et Anthropic, pour entraîner ses propres modèles d'intelligence artificielle. La Cnil, elle, est aux abonnés absents.
(article complet ci après)
La licorne n’est pas vraiment à cheval sur les principes ! Fin avril, la boîte fondée par Stanislas Niox-Chateau, un proche d’Emmanuel Macron, a fait savoir à ses utilisateurs (500 000 praticiens et 90 millions de patients en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et, bientôt, en Grande-Bretagne) que sa politique de protection des données à caractère personnel « évolu[ait] ». Doux euphémisme… Car Doctolib, qui s’enorgueillit de faire rayonner le savoir-faire hexagonal, refile les données de ses utilisateurs aux géants de la tech américaine.
Microsoft power
Depuis 2024, moyennant 79 euros par mois, la plateforme propose en effet aux médecins d’utiliser un assistant virtuel à la consultation qui, avec l’accord du patient, prend note de leur conversation. « Aucun tiers ne peut accéder au contenu des notes médicales », assure Doctolib. Sauf que ces notes, à en croire la politique de protection des données de l’entreprise, entraînent les modèles d’intelligence artificielle eux-mêmes coachés par Google (Gemini), Anthropic (Claude) et Microsoft (Copilot). Carton rouge ! Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser.
Y aurait-il Trumperie sur la marchandise ? Doctolib a aussi un contrat avec Meltio, une boîte californienne qui héberge des données aux Etats-Unis.
La Commission nationale de l’informatique et des libertés, chargée du respect du règlement européen en France, assure ne pas être « en mesure de se prononcer sur la légalité » de cette situation. Voilà qui est rassurant. « Quand on pense que le Health Data Hub a été crucifié pour avoir fait affaire avec Microsoft… » s’étouffe un spécialiste du numérique. La base de données de santé publique destinée à la recherche avait fait hurler les souverainistes, quand elle était hébergée, de 2019 à 2026, chez Bill Gates, avant d’être transférée, en avril, chez le français Scaleway. Mais Doctolib semble immunisé.
Lobby à tout-va
Pour garder la forme, la firme abuse du lobbying. L’an dernier, elle a dépensé près de 500 000 euros pour « promouvoir une politique de l’hébergement, de la protection et de la portabilité des données favorable à l’activité de Doctolib » auprès de parlementaires tricolores et 300 000 euros auprès des Européens. Elle est aussi représentée par le groupe de pression Digital Europe, au budget de 4 millions d’euros, consacré à l’influence sur le continent.
Quels sont les risques pour les clients de Doctolib ? Les datas fournies (antécédents médicaux et familiaux, prescriptions, données biologiques, etc.) sont suffisamment précises pour qu’un malade puisse être identifié. Un cadeau pour les compagnies d’assurances qui mettraient la main dessus. D’autant que, même en cas de décès, les informations peuvent être conservées « à des fins probatoires ou pour répondre à une obligation légale (telle que la conservation du dossier patient) » et exploitées.
Même chez les morts, les données bougent encore…
'Resistance is futile,' says Qualcomm CEO. AI agents will be become invisible, inescapable, follow you across devices
"Toute résistance est inutile." ça donne très envie son monde peuplée d'#IA sur tous les appareils électroniques, non ?
“If you have smart glasses, they see what you see, so the connectivity needs to enable a very fast uplink,” he said. “6G is going to make all of us into walking cameras in this world.”
😱
« Les pipelines de données d’extraction, les choix inhérents à la conception faits par les entreprises technologiques et les chaînes d’approvisionnement reposant sur l’exploitation qui servent à élaborer les systèmes d’IA générative ont permis la création d’un modèle de développement technologique qui s’accompagne d’un risque d’atteintes massives aux droits humains. »
L’Atelier d’écologie politique (Atécopol) participe, depuis son lancement à l’automne 2018 à #Toulouse, à la construction d’une communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques.
suivez @AtEcoPol@sciences.re !
Les propos d’Arthur Mensch, co-fondateur et CEO de Mistral AI, lors de son audition semblent avoir trouvé un certain écho dans la presse et sur les réseaux. Pourtant à force d’accumulation de chiffres et de raccourcis dans ses calculs, ses propos deviennent flous. Et quand c’est flou, il y a un loup !
De la montée de la contestation de l’IA à l’école
Où l'on apprend beaucoup du pourquoi de la présence de la tech et de l'#IA dans les écoles ou les universités.
Où l'on se convainc qu'il faut y mettre fin rapidement.
c’est principalement la droite qui s’extasie de cette avancée technologique. Et oui parce que l’IA c’est formidable pour… les patrons, car qui décide des licenciements dont on entend parler ? Les patrons. Et qui va s’enrichir en remplaçant ses salariés par des IA ? Les patrons. ça leur promet un avenir radieux."
(tiens, ça parle aussi de luddites et de libristes !)
Le répertoire d’action pour résister à l’IA s’étoffe, à mesure que cette industrie accélère son déploiement, sans délibération ni consensus démocratique. Des initiatives collectives visent à mettre en commun les outils de la résistance.
(en anglais) tous les moyens sont bons pour lutter contre les IA !
Tracking the debts and profits of frontier AI companies (May 2026).
Un tableau de bord pour voir les dépenses et recettes des gros de l'#IA.
Attention, ça pique !
Merci à @UnePorte@eldritch.cafe qui m'a apportée ces quelques éclaircissements :
https://eldritch.cafe/@UnePorte/116623509719423036
le site est intéressant mais en creusant les chiffres, je pense que beaucoup sont largement sous-estimés (dans le spend) et largement surestimés (dans les revenus).
Pour Anthropic par exemple ça propose un spend cumulé depuis 2021 de $33B, alors qu'Anthropic a levé quasiment $50B uniquement depuis début 2025, dont $30B en février 2026. Avec "seulement" $33B de spend, Anthropic n'aurait pas eu à lever autant, donc ça ne fait pas sens.
Pareil pour OpenAI, le site annonce $55B de spend cumulé depuis 2020, mais on sait qu'ils en ont levé $40B en avril 2025 et $122B en mars 2026, ça ne colle pas.
Niveau revenue, si on enlève NVIDIA (dont les revenus sont assez bien connus et fiable) ça ne colle pas non plus pour les hyperscalers.
Anthropic et OpenAI sont les deux plus gros consommateurs de compute (80-90% de la demande). Ils achètent ce compute à Amazon, Alphabet, Microsoft, Oracle (et xAI pour Anthropic, mais uniquement depuis quelques semaines).
Si OpenAI et Anthropic ont dépensé $33B + $55B, soit $88B a eux deux, comme le suggère le site, il est impossible que Microsoft, Amazon, Google et Oracle aient un revenu de $185B via leurs activité de Cloud IA, deux fois plus que les dépenses d'OpenAI et Anthropic.
En regardant les sources du site, je dirait que ces incohérences viennent notemment de l'utilisation des ARR (annual recurring revenue), qui est une projection du revenue de l'année à venir basée sur "revenu du dernier mois x 12". En faisant des opérations sur des revenus/dépenses futures ET des choses passées et documentées comptablement, on arrive à des résultats qui ne fonctionnent pas.
Ceci étant dit, je ne remets pas du tout en question la démarche ni la sincérité de l'auteur. Les sources du site ont l'air compilées et vérifiées à la main, je ne vois aucune trace évidente d'IA pour créer le projet, l'intention me semble évidente, les ordres de grandeurs sont intéressants et les proportions à peu près okay.
C'est juste la méthodologie ne me parait pas assez claire/adaptée pour aboutir à des chiffres réellement fiables, donc des analyses ou prévisions plus utiles que "ah oui ça coute plus cher que ce que ça rapporte".
Si l’on s’accorde sur le fait que le code est une langue ou à tout le moins un langage, quand vous n’écrivez ou ne parlez plus une langue, au bout de combien de temps cessez-vous de la comprendre et de la maîtriser ?
Une bonne question (parmi d'autres posées dans cet article)
Le « Vibe Coding », un monde dans lequel les entreprises les plus puissantes en IA n’auraient que des ingénieurs et des développeurs n’écrivant plus de ligne de code, ce monde c’est le cauchemar de Lawrence Lessig et notre cauchemar à toutes et tous.
Lors de plusieurs remises de diplômes, des dirigeants de la tech ou de l’industrie ont été hués après avoir décrit le développement de l’intelligence artificielle comme « prochaine révolution industrielle ». De nouveaux symptômes d’un rejet de ces technologies, plus marqué au sein de la génération Z.
There's still hope !