Quoi qu’il en soit, derrière cette esquive se cache un aveu, même si le groupe se garde bien de l’expliciter : TotalEnergies ne paye pas d’impôt sur les sociétés en France.
Venons-en donc maintenant au cœur du sujet : pourquoi TotalEnergies échappe-t-elle à l’impôt sur les sociétés en France ?
« TotalEnergies acquitte ses impôts là où elle exerce ses activités et où elle crée de la valeur, dans le strict respect des règles internationales ».
Puisque le groupe n’y acquitte aucun impôt sur les sociétés, il faut donc comprendre que, selon lui, ses activités en France « ne créent aucune valeur ». Examinons donc cet étrange argument.
TotalEnergies emploie 37 000 personnes en France, soit près d’un tiers de ses 117 000 collaborateurs à travers le monde. Mais le groupe n’y enregistre aucun profit : chaque année ou presque, il y déclare des pertes. Pas de bénéfices, donc pas d’impôt sur les bénéfices, quoi de plus normal ? C’est là, en substance, le cœur de son argumentation.
Nous sommes donc priés de croire qu’un tiers des effectifs mondiaux de Total sont employés dans des activités structurellement déficitaires. Activités que le groupe préserve néanmoins, par bienveillance ou altruisme, ou pour d’autres raisons non spécifiées.
TotalEnergies dispose désormais d'un délai de six mois pour compléter son plan de vigilance avec les émissions de "scope 3". Il s'agit des rejets polluants qui ne proviennent pas directement des installations de l'entreprise (comme ses usines ou raffineries), mais qui sont générés par ses clients lors de la combustion de ses produits (pétrole ou gaz).
Traduction : Total est responsable de la consommation de pétrole et de gaz de ses clients. Quand Pouyané dit que "les canicules, c'est pas particulièrement de [sa] faute et que climat, c'est l'affaire de tout le monde", c'est faux. C'est sa responsabilité et celle de la boîte qu'il dirige.