l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a publié son deuxième index mondial. Cet index vise à évaluer le risque de torture dans plusieurs dizaines de pays, sur une échelle contenant cinq niveaux : risque faible, risque modéré, risque considérable, risque élevé et risque très élevé. L’OMCT, qui rassemble plus de 200 ONG du monde entier spécialisées dans les sujets liés à la torture, et qui constitue un interlocuteur privilégié de l’ONU dans le domaine, classe désormais la France parmi les pays à « risque considérable ». C’est le seul pays de l’Union Européenne à atteindre ce niveau de risque.
Pour justifier de classer la France comme pays à risque considérable, l’organisation indique que le pays « dispose d'un vaste dispositif institutionnel en matière de droits de l'homme, mais fait néanmoins preuve de défaillances persistantes et structurelles dans la prévention de la torture et des mauvais traitements. » Les violences policières sont tout particulièrement pointées du doigt, avec notamment 54 décès liés à des interventions policières en 2024 et au moins 22 sur les cinq premiers mois de 2026. Le rapport dénonce également le « profilage racial » effectué par la police française, et l’impunité régnant dans la profession. La violente répression en Nouvelle-Calédonie-Kanaky en 2024 est aussi un motif d’inquiétude pour l’organisation, qui dénonce la « déportation » de 87 prisonniers kanaks vers les prisons de France métropolitaine, à 17 000 kilomètres de chez eux. Le système carcéral est, d’ailleurs, une préoccupation majeure du rapport, qui pointe la surpopulation des prisons françaises, et des pratiques abusives contre les détenus.
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