L’information de heurts lors d’un match de foot imaginaire inventé par l’IA de Microsoft aurait mené la police de Birmingham à interdire de déplacement les supporteurs du club israélien le 6 novembre. Le départ du chef de la police locale, sur la sellette depuis plusieurs semaines, a été annoncé ce vendredi.
Et maintenant, les hallucinations des IA réduisent la liberté des gens.
Je le reredis : ce ne sont pas des hallucinations, ce sont des bugs, purement et simplement. Et cest bugs sont inhérents à cette technologie. C'est anormale de garder ça en production et de s'appuyer sur ce genre d'outils.
« Avant, on voyait ceux qui copiaient des jurisclasseurs dans leurs écritures, on se moquait mais au moins c’était juste. Avec l’IA générative, nous devons identifier les propos hallucinés, cela nous complique la tâche », déplore Caroline Lantero auprès de Gabriel Thierry. Avocate au barreau de Clermont-Ferrand, elle a récemment reçu « cinq pages d’un argumentaire complètement faux », et dû faire un important travail de vérification à la place de la partie adverse, « un temps que je supporte assez mal de perdre ».
On vous avait déjà dit que les hallucinations des IA étaient une vraie merde et pas un truc "ohoh, c'est rigolo, l'IA hallucine, hahaha".
Non. C'est un bug, irrémédiablement incorrigible à la vue de la technologie utilisée. Ça ne devrait pas être en production. C'est hautement néfaste.
Intelligence artificielle : les trois failles susceptibles de provoquer le grand séisme – Libération
Intelligence artificielle : les trois failles susceptibles de provoquer le grand séisme
Philippe Lemoine, entrepreneur et essayiste, président du Forum d’action modernités
Dans quelques années, quelques mois ou quelques jours, un séisme d’une ampleur inédite pourrait frapper le monde. Un séisme à la fois financier, économique, social et politique, dont l’épicentre serait l’effondrement des valeurs du numérique. On évoque parfois une «bulle de l’intelligence artificielle», mais il ne faut pas regarder seulement ce qui se passe en surface, depuis le lancement de ChatGPT, il y a trois ans. Il faut plonger pour analyser les craquements qui se produisent au fond de l’océan numérique depuis des décennies et qui annoncent un véritable séisme.
Le numérique avance par cycles longs, d’environ vingt-cinq ans. Après le cycle de l’ordinateur (1936-1960), celui de l’informatique de gestion (1960-1984), puis celui d’Internet (1984-2008), nous sommes entrés dans un quatrième cycle : celui de la data et de l’intelligence artificielle. Le séisme qui se profile trouve son origine dans une accumulation de capital absolument inédite.
En 2010, les cinq premières capitalisations mondiales représentaient environ 1 200 milliards de dollars. Quinze ans plus tard, en 2025, elles dépassent 17 000 milliards. Elles sont toutes les cinq concentrées dans le numérique : Nvidia, Microsoft, Apple, Google, Amazon. La puissance de ces firmes paraît titanesque et elles semblent là pour l’éternité. Il s’agit pourtant de colosses aux pieds d’argile, tant leur socle est miné par trois failles qui se sont creusées au cours des cycles précédents.
Un empire basé sur une architecture archaïque, centralisée
La première est technologique. Les géants du numérique ont bâti leur empire sur une architecture archaïque et profondément centralisée. Or Internet, à son origine, reposait sur un principe exactement inverse : l’horizontalité. Profondément novateur, le protocole pair à pair conçu à la fin des années 1960 visait la résilience et la décentralisation. Mais l’apparition du Web à partir de 1989, fondé sur un modèle client-serveur, a progressivement concentré données et intelligence sur quelques nœuds dominants.
Cette centralisation a permis une diffusion massive du numérique auprès d’un grand public peu formé et équipé d’outils simples comme les smartphones, mais au prix d’une régression structurelle. Aujourd’hui, paradoxalement, l’IA pourrait inverser à nouveau ce mouvement. En simplifiant radicalement les interfaces, elle rend possible une re-décentralisation du réseau. Le capital accumulé par les Titans leur suffira-t-il pour contenir cette vague et préserver l’ordre sur lequel ils se sont construits ?
La deuxième faille est économique. Il manque la vision et l’audace d’une vraie transformation numérique. Le cycle actuel est né dans la douleur, avec la grande crise financière de 2008, que l’on peut relire comme une crise infantile de la data. L’usage mal maîtrisé du Big Data dans l’évaluation du risque de crédit a précipité les banques dans une fuite en avant sur le marché des subprimes. Cette ruée aveugle a révélé la puissance, mais aussi l’extrême inflammabilité des données.
D’abord tétanisées, les entreprises traditionnelles sont restées très prudentes. La transformation numérique s’est concentrée sur le B2C [business to consumer : commerce grand public, ndlr], laissant croire que l’appropriation du marché mondial de la publicité suffirait à fonder une nouvelle croissance.
Or, ce marché ne représente que 0,6 % à 0,8 % du PIB mondial. Il est dérisoire au regard des ambitions affichées autour de l’IA. Pourtant, c’est encore sur cette base étroite que continuent de tabler les géants, alors qu’il faudrait élargir le spectre et inventer de nouveaux modèles de rentabilité.
Récemment, Nvidia a été la première entreprise de l’histoire à crever le plafond d’une capitalisation de 5 000 milliards de dollars. Jusqu’où cela peut-il aller ? La formation d’une bulle est d’autant plus manifeste que des relations croisées et des boucles opaques se sont développées entre les principales valeurs, les unes tirant avantage de leurs fortes capitalisations pour investir dans les autres, en contrepartie de commandes que les secondes passent aux premières pour conforter leurs survalorisations…
La surexploitation des ressources matérielles risque d’être fatale
La troisième faille est écologique. C’est à cause d’elle que le krach déclenchera un séisme. Cette faille concerne d’abord la surexploitation des ressources matérielles : électricité, eau, terres rares, artificialisation des sols nécessaires aux data centers et aux infrastructures numériques. Dans un contexte de crise écologique globale, cette trajectoire est une impasse.
A cela s’ajoute une écologie des données de plus en plus dégradée. Avec l’IA générative, la frontière entre information humaine et information artificielle devient floue. Le risque est celui d’une perte de confiance généralisée, d’un effondrement de la valeur même des données, aujourd’hui massivement moissonnées et centralisées.
Comme un sol surexploité finit par devenir stérile, les données pourraient devenir infertiles. L’effondrement du modèle de l’hypercentralisation numérique pourrait ainsi parachever le crépuscule des dieux.
Les conséquences d’un tel séisme seraient considérables. Elles dépasseraient largement le champ économique pour affecter la société, la culture et la démocratie. Sentant le vent se lever, les grands fauves du numérique se sont déjà rapprochés des Etats, aux Etats-Unis comme en Chine.
Dans la tempête à venir, jusqu’où iront-ils pour se rendre indispensables ? Il est si tentant de pousser toujours plus loin le potentiel des drones, de l’IA et des nanotechnologies non pour créer et pour émanciper, mais pour observer, survoler, écouter, contrôler, anéantir.
Anticiper, imaginer des alternatives et construire des contre-feux est devenu, en particulier pour l’Europe, un enjeu politique majeur.
Nous publions une carte participative répertoriant les data centers existants, les projets et les oppositions qui s'organisent en France autour de ces infrastructures. Notre objectif est de favoriser l'émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient.
Nous avons cartographié 348 data centers déjà existants et 45 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 26 annoncés, 11 en cours d'instruction par les services de l'état et 8 en cours de construction.
Au Bourget, un centre de données de 35 000 m² pourrait bientôt consommer le double de l’électricité de toute la ville. En Alsace, ce sont 35 hectares de terres agricoles, dont 11 cultivés en bio qui vont être bétonnés pour faire tourner des serveurs Microsoft.
Les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle sont des projets industriels d’un genre nouveau, encore largement méconnus malgré leur croissance rapide partout en France.
Le collectif marseillais Le nuage était sous nos pieds, qui lutte contre les impacts sociaux, écologiques et politiques des infrastructures du numérique, a identifié 365 data centers existants et 45 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 26 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’État et 8 en cours de construction.
Est-ce que l’IA est une bulle financière sur le point d’exploser ? Est-ce que cette nouvelle technologie va nous permettre de nous libérer du travail ? C’est ce que nous allons voir dans ce nouveau Argent Magique !
Le patron de Microsoft n'aime pas le terme "slop".
Comme beaucoup d'autres, je propose donc qu'on utilise "Microslop" à la place de "Microsoft".
Orchestrée volontairement par les porteurs du projet Campus IA, la consultation publique menée à Fouju révèle les limites d’une démocratie technique réduite à négocier les modalités d’une décision déjà actée. Entre précipitation temporelle et évitement des questions fondamentales, le processus illustre comment les grands projets technologiques court-circuitent le débat démocratique sur leur opportunité même, transformant la participation citoyenne en simple exercice de légitimation.
L'IA, vous l'aurez, que vous le vouliez ou non... Acte 3090349
Mon ambition avec cet article, c’est de sortir de la posture que j’ai adoptée pendant plus d’un an. Une posture très surplombante, très moralisatrice justement, adoptée par beaucoup de personnes opposées à l’IA.
Un article qui va certainement me falloir lire attentivement !
L’émergence et la démocratisation de l’intelligence artificielle (IA) au quotidien, notamment dans le monde de l’entreprise, peut amener à un changement radical de la manière de travailler. Les gains de productivité très importants permis par l’IA en font un outil de plus en plus incontournable. Sous-domaine de l’intelligence artificielle, l’IA générative représente une avancée considérable pour les entreprises, offrant des perspectives inédites en matière d’automatisation, d’optimisation et d’innovation.
Ce développement rapide de l’IA suscite à la fois fascination et inquiétudes. Ces craintes peuvent découler d’une méconnaissance des mécanismes de l’IA, de doutes concernant ses conséquences sur l’emploi, ou encore de préoccupations éthiques liées à la confidentialité et à l’automatisation de la prise de décision.
Dans le cadre de sa mission de sécurité économique, la DGSI accompagne les sociétés et les établissements de recherche dans la prise en compte des risques d’ingérences étrangères liés à ces outils novateurs. Ce « flash ingérence » évoque le cas de trois entreprises françaises ayant été confrontées à des dérives ou des comportements à risque associés ou permis par l’usage de l’IA.
A huge blocklist of manually curated sites (1000+) that contain AI generated content, for the purposes of cleaning image search engines (Google Search, DuckDuckGo, and Bing) with uBlock Origin or uBlacklist.
Un moyen de bloquer les images générées par IA grâce à uBlockOrigin.
Le 25 décembre 2025, Rob Pike, co-créateur du langage Go et de l'encodage UTF-8, a reçu un e-mail non sollicité généré par une IA. Le message, signé « Claude Opus 4.5 », le remerciait pour ses contributions à l'informatique. Sa réaction a été explosive, cristallisant plusieurs critiques récurrentes autour de l’IA générative.
Je crois que j'enverrai la même réponse que Rob Pike au premier mail généré par une IA...
« Allez vous faire foutre. Vous pillez la planète, vous dépensez des milliards en équipements toxiques et non recyclables, vous détruisez la société, et vous trouvez le temps de faire en sorte que vos machines immondes me remercient de militer pour des logiciels plus simples. Allez tous vous faire foutre. Je ne me souviens pas avoir été aussi en colère depuis longtemps »
Il y a quelques années, les « travailleurs du clic » africains sortaient de l’ombre, révélant l’envers du décor des entreprises du numérique. Depuis, l’IA générative a explosé, rendant ces travailleurs d’autant plus indispensables et le secteur encore plus attractif. Mais la réalité de ce travail reste marquée par la précarité.
L'extravictisme de l'IA, ce n'est pas juste des ressources naturelles des pays pauvres, c'est aussi l'exploitation des personnes pour alimenter et modérer ces outils...
Chercheur en sociologie, spécialiste du digital labor, Antonio Casilli explique pourquoi l'IA est un coupable idéal lorsqu'on parle de suppressions d'emploi, ou de recul de l'emploi des jeunes. Il décrypte également les enjeux environnementaux et sociaux croisés de l'IA, avec une explosion du phénomène des travailleurs précaires de la donnée.
Comment l'invocation de l'IA transforme les licenciements en impératif technologique, conférant aux entreprises une légitimité morale que ne procure plus la seule logique économique, tout en les protégeant des dommages réputationnels et d'un questionnement sur le contrat social qui les lie à leurs salariés, clients et à la société.
Il n'y aura pas d'IAG, pas de superintelligence, pas d'immortalité sur Alpha Centauri. Il y a un lent coup d'État technologique, une dégradation ininterrompue des conditions de vie du plus grand nombre. Et peut-être alors qu'une fois la bulle éclatée, une fois le champ hypnotique rompu, journalistes, élus et corps intermédiaires se regarderont dans le miroir et se demanderont, hagards comme les rescapés d'une secte millénariste, comment ils ont pu croire à cette folie.
En 2024, des chercheuses en design de l'université de Strasbourg ont étudié 53 applications et logiciels informatiques. Objectif : identifier les changements de design qui poussent les consommateurs à utiliser l'intelligence artificielle. Elles déplorent des stratégies particulièrement agressives.
Vous n'avez pas besoin de l'IA, on vous force à l'utiliser.
Rarement une figure fondatrice de l’informatique moderne aura exprimé une colère aussi brute, aussi personnelle, aussi désabusée. En quelques messages, Rob Pike a fait exploser le vernis policé du débat sur l’IA générative. Derrière l’invective, il ne s’agit ni d’un simple coup de sang ni d’un rejet instinctif de la technologie, mais d’un acte d’accusation moral contre une industrie qui, selon lui, a perdu toute mesure.
Allez vous faire foutre, bande d'enfoirés. Vous violez la planète, vous dépensez des milliards dans des équipements toxiques et non recyclables tout en détruisant la société, et vous prenez encore le temps de faire en sorte que vos machines répugnantes me remercient de m'efforcer de créer des logiciels plus simples.
Allez vous faire foutre. Allez tous vous faire foutre.
Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai été aussi en colère.
La magie de Miyazaki et le succès incommensurable des films d’animation du studio Ghibli ont marqué des générations. À l’ère où l’intelligence artificielle provoque des bouleversements à grande échelle, des mouvances fascistes et néonazies s’approprient désormais l’esthétique unique de Ghibli afin d’offrir à la haine un nouveau décor.
Le Washington Post pensait tenir une nouvelle vitrine de son savoir-faire éditorial. Il se retrouve avec un sérieux rappel à l’ordre sur les limites actuelles de l’intelligence artificielle en journalisme. Le quotidien américain a récemment lancé « Your Personal Podcast », un format audio généré par IA, censé offrir à chaque auditeur un résumé personnalisé de l’actualité. L’initiative, développée en partenariat avec ElevenLabs, a toutefois rapidement dérapé.
« La société délirante dans laquelle nous vivons ressemble à un mensonge parfaitement mis en scène que l’on nous persuade d’accepter comme une réalité », estime Arshin Adib-Moghaddam dans son livre The myth of good AI : a manifesto for critical Artificial intelligence (Le mythe de la bonne IA : un manifeste pour une intelligence artificielle critique, Manchester university press, 2025, non traduit). Cette société délirante n’est pas le produit de l’IA, constate pourtant le professeur de philosophie et codirecteur du Centre pour les futurs de l’IA de l’université de Londres. Mais, l’IA vient la renforcer parce qu’elle « floute les lignes de nos modes de compréhension de la vérité et du mensonge, du pouvoir et de la résistance, de la subjectivité et de l’objectivité, de la science et de la fiction ». Ce qui change avec l’IA, c’est que Big Brother n’est plus une autorité qui nous contrôle de l’extérieur, mais une perturbation qui vient altérer nos facultés cognitives elles-mêmes.