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Intelligence artificielle : les trois failles susceptibles de provoquer le grand séisme – Libération
Article complet :
Intelligence artificielle : les trois failles susceptibles de provoquer le grand séisme
Philippe Lemoine, entrepreneur et essayiste, président du Forum d’action modernités
Dans quelques années, quelques mois ou quelques jours, un séisme d’une ampleur inédite pourrait frapper le monde. Un séisme à la fois financier, économique, social et politique, dont l’épicentre serait l’effondrement des valeurs du numérique. On évoque parfois une «bulle de l’intelligence artificielle», mais il ne faut pas regarder seulement ce qui se passe en surface, depuis le lancement de ChatGPT, il y a trois ans. Il faut plonger pour analyser les craquements qui se produisent au fond de l’océan numérique depuis des décennies et qui annoncent un véritable séisme.
Le numérique avance par cycles longs, d’environ vingt-cinq ans. Après le cycle de l’ordinateur (1936-1960), celui de l’informatique de gestion (1960-1984), puis celui d’Internet (1984-2008), nous sommes entrés dans un quatrième cycle : celui de la data et de l’intelligence artificielle. Le séisme qui se profile trouve son origine dans une accumulation de capital absolument inédite.
En 2010, les cinq premières capitalisations mondiales représentaient environ 1 200 milliards de dollars. Quinze ans plus tard, en 2025, elles dépassent 17 000 milliards. Elles sont toutes les cinq concentrées dans le numérique : Nvidia, Microsoft, Apple, Google, Amazon. La puissance de ces firmes paraît titanesque et elles semblent là pour l’éternité. Il s’agit pourtant de colosses aux pieds d’argile, tant leur socle est miné par trois failles qui se sont creusées au cours des cycles précédents.
Un empire basé sur une architecture archaïque, centralisée
La première est technologique. Les géants du numérique ont bâti leur empire sur une architecture archaïque et profondément centralisée. Or Internet, à son origine, reposait sur un principe exactement inverse : l’horizontalité. Profondément novateur, le protocole pair à pair conçu à la fin des années 1960 visait la résilience et la décentralisation. Mais l’apparition du Web à partir de 1989, fondé sur un modèle client-serveur, a progressivement concentré données et intelligence sur quelques nœuds dominants.
Cette centralisation a permis une diffusion massive du numérique auprès d’un grand public peu formé et équipé d’outils simples comme les smartphones, mais au prix d’une régression structurelle. Aujourd’hui, paradoxalement, l’IA pourrait inverser à nouveau ce mouvement. En simplifiant radicalement les interfaces, elle rend possible une re-décentralisation du réseau. Le capital accumulé par les Titans leur suffira-t-il pour contenir cette vague et préserver l’ordre sur lequel ils se sont construits ?
La deuxième faille est économique. Il manque la vision et l’audace d’une vraie transformation numérique. Le cycle actuel est né dans la douleur, avec la grande crise financière de 2008, que l’on peut relire comme une crise infantile de la data. L’usage mal maîtrisé du Big Data dans l’évaluation du risque de crédit a précipité les banques dans une fuite en avant sur le marché des subprimes. Cette ruée aveugle a révélé la puissance, mais aussi l’extrême inflammabilité des données.
D’abord tétanisées, les entreprises traditionnelles sont restées très prudentes. La transformation numérique s’est concentrée sur le B2C [business to consumer : commerce grand public, ndlr], laissant croire que l’appropriation du marché mondial de la publicité suffirait à fonder une nouvelle croissance.
Or, ce marché ne représente que 0,6 % à 0,8 % du PIB mondial. Il est dérisoire au regard des ambitions affichées autour de l’IA. Pourtant, c’est encore sur cette base étroite que continuent de tabler les géants, alors qu’il faudrait élargir le spectre et inventer de nouveaux modèles de rentabilité.
Récemment, Nvidia a été la première entreprise de l’histoire à crever le plafond d’une capitalisation de 5 000 milliards de dollars. Jusqu’où cela peut-il aller ? La formation d’une bulle est d’autant plus manifeste que des relations croisées et des boucles opaques se sont développées entre les principales valeurs, les unes tirant avantage de leurs fortes capitalisations pour investir dans les autres, en contrepartie de commandes que les secondes passent aux premières pour conforter leurs survalorisations…
La surexploitation des ressources matérielles risque d’être fatale
La troisième faille est écologique. C’est à cause d’elle que le krach déclenchera un séisme. Cette faille concerne d’abord la surexploitation des ressources matérielles : électricité, eau, terres rares, artificialisation des sols nécessaires aux data centers et aux infrastructures numériques. Dans un contexte de crise écologique globale, cette trajectoire est une impasse.
A cela s’ajoute une écologie des données de plus en plus dégradée. Avec l’IA générative, la frontière entre information humaine et information artificielle devient floue. Le risque est celui d’une perte de confiance généralisée, d’un effondrement de la valeur même des données, aujourd’hui massivement moissonnées et centralisées.
Comme un sol surexploité finit par devenir stérile, les données pourraient devenir infertiles. L’effondrement du modèle de l’hypercentralisation numérique pourrait ainsi parachever le crépuscule des dieux.
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Infographies 4 graphiques pour comprendre la bulle spéculative de l’IA
Les conséquences d’un tel séisme seraient considérables. Elles dépasseraient largement le champ économique pour affecter la société, la culture et la démocratie. Sentant le vent se lever, les grands fauves du numérique se sont déjà rapprochés des Etats, aux Etats-Unis comme en Chine.
Dans la tempête à venir, jusqu’où iront-ils pour se rendre indispensables ? Il est si tentant de pousser toujours plus loin le potentiel des drones, de l’IA et des nanotechnologies non pour créer et pour émanciper, mais pour observer, survoler, écouter, contrôler, anéantir.
Anticiper, imaginer des alternatives et construire des contre-feux est devenu, en particulier pour l’Europe, un enjeu politique majeur.
Luc Ferry, Michel Onfray, CNews, l'Association des climato-réalistes… Cette cartographie recense les liens entre plus de 140 acteurs qui diffusent en France des discours contraires au consensus scientifique sur le changement climatique.
Le travail de dingue.
Donc, si vous avez un doute sur la parole d'une personne, petite plongée dans cet outil pour vous faire un avis
Au mois de décembre 2022, des CRS avaient masqué la devanture de la librairie Les Parleuses, qui affichait dans sa vitrine des messages féministes et un livre sur les violences sexuelles, le jour d’une visite dans la ville de Gérald Darmanin, alors ministre.
CHEH !
Touchlive, c’est le nom d’un projet porté par Khaoula Pichardie. L’idée : transformer des sacs à dos en supports de publicité en les dotant d’un écran, pour promouvoir les commerces de la ville.
ah mais l'enfer ! Imagine, tu te balades tranquille à Périgueux (ville fort jolie dans certains coins en plus). Tu vois une pub. Bon, tu te dis "je marche un peu, je vais la dépasser et j'en serai débarrassé·e". Et bien, là, la pub, elle va avancer aussi ! Rah mais quel enfer !
(et une pensée pour les pauvres "billings", ces gens payés à marcher benoîtement pendant des heures, avec un lourd sac à dos à trimballer, pour le plaisir de nous gâcher la vue...)
Lors de la réception d'un courriel pour la prise de rendez-vous RSA, j'ai voulu me fier au protocole indiqué par le site CyberMalveillance.gouv.fr pour savoir s'il s'agissait d'un phishing.
Si j'avais suivi les recommandations du site CyverMalveillance, ce mail aurait fini à la corbeille. Et j'aurai perdu du temps, de l'énergie et cette précieuse aide financière...
« Faites ce que je dis, pas ce que je fais », l'analyse ⬇️
Cette Bibliothèque Anarchiste est une archive de textes anarchistes. Elle est basée sur le projet The Anarchist Library, d’où son emploi de la même structure que celle du site en anglais, mais est son propre projet à part.
Notre usage du terme « anarchisme » est assez large, mais large n’équivaut pas à infini, et se résume grossièrement en un ensemble d’idées opposées à l’État et au capital. Ceci exclut immédiatement les soi-disant « anarcho-capitalisme », « anarcho-nationalisme », et autres ordureries.
Et bien voilà de quoi lire pendant quelques temps !
Nous publions une carte participative répertoriant les data centers existants, les projets et les oppositions qui s'organisent en France autour de ces infrastructures. Notre objectif est de favoriser l'émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient.
Nous avons cartographié 348 data centers déjà existants et 45 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 26 annoncés, 11 en cours d'instruction par les services de l'état et 8 en cours de construction.
Au Bourget, un centre de données de 35 000 m² pourrait bientôt consommer le double de l’électricité de toute la ville. En Alsace, ce sont 35 hectares de terres agricoles, dont 11 cultivés en bio qui vont être bétonnés pour faire tourner des serveurs Microsoft.
Les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle sont des projets industriels d’un genre nouveau, encore largement méconnus malgré leur croissance rapide partout en France.
Le collectif marseillais Le nuage était sous nos pieds, qui lutte contre les impacts sociaux, écologiques et politiques des infrastructures du numérique, a identifié 365 data centers existants et 45 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 26 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’État et 8 en cours de construction.
En plus de gagner des milliards en laissant proliférer des posts publicitaires frauduleux, Meta a mis en place une méthode pour rendre ses manquements invisibles aux autorités de plusieurs pays.
Depuis le mois de novembre, les pratiques borderline de Meta concernant sa gestion de la publicité illégale sont dénoncées par le journaliste d’investigation de Reuters, Jeff Horwitz. L’auteur de Broken Code, essai consacré aux secrets de Facebook, a dévoilé des documents internes faisant état d’un véritable système de fraude ayant rapporté à la firme jusqu’à 7 milliards de dollars en 2024 (sur plus de 164 milliards de dollars de chiffre d’affaires au total).
Le souci, c'est que si jamais il devait y avoir une amende, au bout d'un long périple judiciaire, on devrait se réjouir d'un montant inférieur à leurs gains...
Petit séisme dans l’industrie du jeu vidéo en ce début d’année 2026. Alors que la tendance des moteurs commerciaux est au verrouillage des licences, COCOS, le deuxième moteur de jeu 2D/3D mondial, a annoncé le 4 janvier le passage intégral de sa version 4 en open source sous licence MIT. Cette décision, prise sous l’égide de SUD, ne se limite pas au moteur : pour la première fois, l’intégralité du code de compatibilité cross-platform et le précieux toolchain CLI sont désormais accessibles publiquement sur GitHub.
Est-ce que l’IA est une bulle financière sur le point d’exploser ? Est-ce que cette nouvelle technologie va nous permettre de nous libérer du travail ? C’est ce que nous allons voir dans ce nouveau Argent Magique !
Le patron de Microsoft n'aime pas le terme "slop".
Comme beaucoup d'autres, je propose donc qu'on utilise "Microslop" à la place de "Microsoft".
Conseil d'État, 31 décembre 2025 :
« L'utilisation de l'écriture dite « inclusive » ne saurait être regardée comme l'usage d'une autre langue que le français »
« L'utilisation de cette même écriture sur des plaques commémoratives ne revêtait pas systématiquement le caractère d'une prise de position politique et que son usage pour désigner un titre ou une fonction ne saurait, à lui seul, être regardé comme une prise de position politique ou idéologique. »
DONC, le point médian c'est bien du français, et c'est pas nécessairement un acte militant incompatible avec l'exercice de la politique, et c'est le Conseil d'État qui le dit.
Débat blesse. Initialement prévu mercredi, le débat parlementaire sur la pétition aux deux millions de signatures est finalement repoussé à février. Raison invoquée : permettre la présence de la ministre de l'agriculture, en déplacement à Bruxelles.
Hey ! Vous vous souvenez qu'on avait massivement dit "fuck off" à la LoiDuplomb ? Qu'on avait toutes et tous signé cette pétition qui avait atteint un record de plus de 2 millions de signatures ? Qu'on devait donc en reparler à l'Assemblée Nationale (et juste en reparler parce qu'il ne serait pas question d'abrogation dixit Braun-Pivet).
Bah, en fait, non, ce sera reporté en théorie d'un mois parce que la ministre a finalement prévu un déplacement ce jour là...
Quand nous accompagnons des collectifs sur la thématique de la coopération, le sujet des prises de décisions collectives revient très régulièrement. On observe souvent une chose : un excès ! Les collectifs qui souhaitent mettre cela en place passe de la tyrannie du / de la chef·fe (qui décide de tout, tout·e seul·e) à la tyrannie du groupe (et si on décidait de tout tous·tes ensemble ?). On n’a pas mesuré ça scientifiquement, mais l’une ne semble pas mieux que l’autre 🙂
Intéressant !
Orchestrée volontairement par les porteurs du projet Campus IA, la consultation publique menée à Fouju révèle les limites d’une démocratie technique réduite à négocier les modalités d’une décision déjà actée. Entre précipitation temporelle et évitement des questions fondamentales, le processus illustre comment les grands projets technologiques court-circuitent le débat démocratique sur leur opportunité même, transformant la participation citoyenne en simple exercice de légitimation.
L'IA, vous l'aurez, que vous le vouliez ou non... Acte 3090349
Laurent Marseault, pompier de Méditerranée et membre du réseau colibris France. Un regard décalé et en analogie avec l'organisation des pompiers sur nos dérives méthodologiques, nos entre-soi, nos contradictions. Pour faire face au futur, il faudra dépasser le chacun fait sa part et aller rapidement vers le "tous ensemble".
J'ai pu voir (déjà plusieurs fois) la conférence de Laurent, c'est très intéressant :)
Mon ambition avec cet article, c’est de sortir de la posture que j’ai adoptée pendant plus d’un an. Une posture très surplombante, très moralisatrice justement, adoptée par beaucoup de personnes opposées à l’IA.
Un article qui va certainement me falloir lire attentivement !
L’émergence et la démocratisation de l’intelligence artificielle (IA) au quotidien, notamment dans le monde de l’entreprise, peut amener à un changement radical de la manière de travailler. Les gains de productivité très importants permis par l’IA en font un outil de plus en plus incontournable. Sous-domaine de l’intelligence artificielle, l’IA générative représente une avancée considérable pour les entreprises, offrant des perspectives inédites en matière d’automatisation, d’optimisation et d’innovation.
Ce développement rapide de l’IA suscite à la fois fascination et inquiétudes. Ces craintes peuvent découler d’une méconnaissance des mécanismes de l’IA, de doutes concernant ses conséquences sur l’emploi, ou encore de préoccupations éthiques liées à la confidentialité et à l’automatisation de la prise de décision.
Dans le cadre de sa mission de sécurité économique, la DGSI accompagne les sociétés et les établissements de recherche dans la prise en compte des risques d’ingérences étrangères liés à ces outils novateurs. Ce « flash ingérence » évoque le cas de trois entreprises françaises ayant été confrontées à des dérives ou des comportements à risque associés ou permis par l’usage de l’IA.
"La raison pour laquelle on est sanctionnés, c'est le fait qu'on témoigne sur les violences commises par l'armée israélienne"
A huge blocklist of manually curated sites (1000+) that contain AI generated content, for the purposes of cleaning image search engines (Google Search, DuckDuckGo, and Bing) with uBlock Origin or uBlacklist.
Un moyen de bloquer les images générées par IA grâce à uBlockOrigin.
Le 25 décembre 2025, Rob Pike, co-créateur du langage Go et de l'encodage UTF-8, a reçu un e-mail non sollicité généré par une IA. Le message, signé « Claude Opus 4.5 », le remerciait pour ses contributions à l'informatique. Sa réaction a été explosive, cristallisant plusieurs critiques récurrentes autour de l’IA générative.
Je crois que j'enverrai la même réponse que Rob Pike au premier mail généré par une IA...
« Allez vous faire foutre. Vous pillez la planète, vous dépensez des milliards en équipements toxiques et non recyclables, vous détruisez la société, et vous trouvez le temps de faire en sorte que vos machines immondes me remercient de militer pour des logiciels plus simples. Allez tous vous faire foutre. Je ne me souviens pas avoir été aussi en colère depuis longtemps »
Entre la manipulation émotionnelle des publicitaires d’Intermarché et la fake news d’Hugo Clément, un fact-checking s’imposait. En gardant à l’esprit que ce spot d’Intermarché nous met face à d’immenses professionnels du markéting : rien n’est gratuit, rien n’est impensé, rien ne relève du hasard.
Il y a quelques années, les « travailleurs du clic » africains sortaient de l’ombre, révélant l’envers du décor des entreprises du numérique. Depuis, l’IA générative a explosé, rendant ces travailleurs d’autant plus indispensables et le secteur encore plus attractif. Mais la réalité de ce travail reste marquée par la précarité.
L'extravictisme de l'IA, ce n'est pas juste des ressources naturelles des pays pauvres, c'est aussi l'exploitation des personnes pour alimenter et modérer ces outils...
Chercheur en sociologie, spécialiste du digital labor, Antonio Casilli explique pourquoi l'IA est un coupable idéal lorsqu'on parle de suppressions d'emploi, ou de recul de l'emploi des jeunes. Il décrypte également les enjeux environnementaux et sociaux croisés de l'IA, avec une explosion du phénomène des travailleurs précaires de la donnée.
Comment l'invocation de l'IA transforme les licenciements en impératif technologique, conférant aux entreprises une légitimité morale que ne procure plus la seule logique économique, tout en les protégeant des dommages réputationnels et d'un questionnement sur le contrat social qui les lie à leurs salariés, clients et à la société.
le podcast de @mathildesaliou et en particulier cet épisode dans lequel la militante et autrice Camille Lextray raconte les difficultés à animer un compte féministe sur Instagram.
Entre la chaise et le clavier: [Algorithmique 3/6] Questionner les systèmes
Pour moi, Brigitte Bardot n'était que cette militante d'extrême-droite.
Un nouvel exemple que la prise d'âge n'amène pas systématiquement de la sagesse...
Copie de l'article derrière un paywall, pour la postérité.
Icône du cinéma français, Brigitte Bardot, morte ce 28 décembre à 91 ans s’était aussi muée, au fil des décennies, en figure d’une droite identitaire qu’elle nourrissait de diatribes xénophobes et d’attaques contre l’islam.
Qu’il est loin le temps où Brigitte Bardot, morte ce 28 décembre, dénonçait les crimes des terroristes d’extrême droite de l’OAS. Elle avait 27 ans en 1961, quand l’Organisation armée secrète, réseau clandestin paramilitaire des partisans de l’Algérie française, avait tenté de la racketter, lui réclamant 50 000 francs. L’actrice avait répliqué dans l’Express, publiant la lettre de menaces et déposant plainte par l’intermédiaire de son avocat d’alors… Robert Badinter. Elle avait également caché à la même période l’homme de théâtre Antoine Bourseiller, proche du FLN, recherché par le ministère de l’Intérieur.
Mais loin de ces engagements de jeunesse, la muse de Saint-Tropez s’était surtout muée, ces dernières décennies, en porte-voix de la droite radicale. Adepte des sorties à l’emporte-pièce, des tribunes contre l’abattage halal et autres éloges appuyés de Marine Le Pen. Brigitte Bardot ne s’embarrassait plus de nuances.
«Population dégénérée»
«On n’a plus le droit d’être scandalisé quand des clandestins ou des gueux profanent et prennent d’assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines, chiant derrière l’autel, pissant contre les colonnes, étalant leurs odeurs nauséabondes sous les voûtes sacrées des chœurs», écrivait-elle dans le livre Un cri dans le silence, paru en 2003, où elle expliquait avoir «révélé la profondeur de [s]on âme». Des propos qui lui valurent une condamnation pour «incitation à la haine raciale» en 2004. Celle dont la première condamnation pour des propos racistes remonte à 1997 avait alors dénoncé «une victoire musulmane».
Engagée de longue date pour la cause animale, l’ancienne actrice avait progressivement glissé vers un discours identitaire où la défense des bêtes se confondait avec celle d’une conception raciste de la France. En 2019, elle qualifiait la communauté réunionnaise d’origine tamoule «d’autochtones [qui] ont gardé leurs gènes de sauvages», leur prêtant des «réminiscences de cannibalisme des siècles passés» : une «population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches». Le vocabulaire de ces racialistes du début du XXe siècle. Pour ces propos, BB avait été définitivement condamnée en 2022 à 10 000 euros d’amende pour «injures publiques».
Amie de Jean-Marie Le Pen
Soutien en 1974 de la campagne présidentielle d’un Valéry Giscard d’Estaing présenté alors comme une incarnation de la modernité, c’est ensuite que Brigitte Bardot avait pris une pente plus droitière. Amie de longue date de Jean-Marie Le Pen, rencontré par l’intermédiaire de son quatrième et dernier mari Bernard d’Ormale – qui fut son conseiller –, elle disait de l’ex-président du FN en septembre 2024 dans Valeurs Actuelles qu’il «avait raison avant tout le monde». Dans la même interview, elle tressait des lauriers à un Philippe de Villiers déjà héraut des identitaires et autres cathos radicalisés. Le Front national, puis le Rassemblement national, fera de l’actrice une icône : Marine Le Pen lui rendra régulièrement hommage, louant son «courage» et sa «franchise». Bardot le lui rendra bien : «Marine est la seule à aimer la France», déclarait-elle en 2012.
Recluse dans son domaine tropézien, entourée d’animaux et de colères, l’ancien symbole de la libération féminine s’épanchait aussi sur son mépris de la libération de la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles. Dans le sillage de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo, en 2018, elle avait critiqué la vague de dénonciations de harceleurs par des actrices, la jugeant «hypocrite, ridicule, sans intérêt».
Il n'y aura pas d'IAG, pas de superintelligence, pas d'immortalité sur Alpha Centauri. Il y a un lent coup d'État technologique, une dégradation ininterrompue des conditions de vie du plus grand nombre. Et peut-être alors qu'une fois la bulle éclatée, une fois le champ hypnotique rompu, journalistes, élus et corps intermédiaires se regarderont dans le miroir et se demanderont, hagards comme les rescapés d'une secte millénariste, comment ils ont pu croire à cette folie.
En 2024, des chercheuses en design de l'université de Strasbourg ont étudié 53 applications et logiciels informatiques. Objectif : identifier les changements de design qui poussent les consommateurs à utiliser l'intelligence artificielle. Elles déplorent des stratégies particulièrement agressives.
Vous n'avez pas besoin de l'IA, on vous force à l'utiliser.
Adhésion, billetterie, caisse enregistreuse et outils libres et fédérés.
Mis de côté pour voir !
Ma réflexion ces trois dernières années avait deux objectifs explicites : rénover la compréhension du zéro déchet, et étudier la possibilité de l’utiliser comme principe d’union politique. Il en avait aussi un plus souterrain : comprendre ce qui séparait mon écologie, blanche, bourgeoise, des mouvements écologiques populaires et non-blancs. Je ne voulais pas d’une explication purement sociologique. Je voulais saisir ce qui n’allait pas dans nos idées, notre rapport au monde et nos outils conceptuels.
Rarement une figure fondatrice de l’informatique moderne aura exprimé une colère aussi brute, aussi personnelle, aussi désabusée. En quelques messages, Rob Pike a fait exploser le vernis policé du débat sur l’IA générative. Derrière l’invective, il ne s’agit ni d’un simple coup de sang ni d’un rejet instinctif de la technologie, mais d’un acte d’accusation moral contre une industrie qui, selon lui, a perdu toute mesure.
Allez vous faire foutre, bande d'enfoirés. Vous violez la planète, vous dépensez des milliards dans des équipements toxiques et non recyclables tout en détruisant la société, et vous prenez encore le temps de faire en sorte que vos machines répugnantes me remercient de m'efforcer de créer des logiciels plus simples.
Allez vous faire foutre. Allez tous vous faire foutre.
Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai été aussi en colère.
Notre dépendance numérique aux États-Unis est extrême. Il est temps d’inclure la relocalisation numérique dans nos plans de réindustrialisation.
Excellent résumé de Maël Thomas pour "Bon Pote"
Bienvenue sur X, l’ex-Twitter d’Elon Musk, où la gauche s’épuise à combattre des moulins à vent numériques, pendant que l’extrême droite et les complotistes dominent le jeu sans même avoir à transpirer.
"Oui, mais je combats de l'intérieur".
Bon, bah, en fait non. Tu t'épuises tout·e seul·e dans ton coin et pire, tu alimentes le truc et le favorise même grâce à l'effet de réseau.
bref, barre-toi.
(et ça vaut pour Facebook, Instagram et cie)
Dans ma quête éperdue visant à quitter toujours plus Meta, Microsoft et autre Google, j'ai tenté à nouveau en cette fin 2025 de me séparer de WhatsApp pour lui préférer Signal. Eh bien, figurez-vous que j'ai partiellement réussi et que vous le pouvez aussi !
La magie de Miyazaki et le succès incommensurable des films d’animation du studio Ghibli ont marqué des générations. À l’ère où l’intelligence artificielle provoque des bouleversements à grande échelle, des mouvances fascistes et néonazies s’approprient désormais l’esthétique unique de Ghibli afin d’offrir à la haine un nouveau décor.
Coup de théâtre sur le chantier de l’A69. Ce jeudi 18 décembre, le procureur de Toulouse a demandé la suspension des travaux sur 46 sites défrichés illégalement par le concessionnaire, soit 30 à 42 hectares de chantier non autorisé.
je suis tombé sur une discussion sur les réseaux sociaux qui se résumait à "Savez-vous combien il y a d'ordinateurs dans votre ordinateur ?"
Parce que désormais, une carte Ethernet n'est plus juste une carte Ethernet. C'est un CPU ARM qui choisit de passer les paquets à l'OS (via PCI ou autre). Et notre matériel est littéralement rempli de mini-ordinateurs en charge de gérer tout un tas de choses : audio, vidéo, réseau, bluetooth, wifi, USB, stockage, connectique...
Et chacun de ces mini-ordinateurs a son propre OS... et donc aussi ses failles de sécurité. Ces "OS embarqués" peuvent très bien être infecté sans la moindre trace, sans même que le système d'exploitation principal de la machine (Windows, Linux...) le voit, puisque ce sont des mémoires auxquelles l'OS n'a pas d'accès.
Les implications sont absolument énormes.
Ce qui m'amène à cet article : https://currentindia.com/channels/timesofindia/toi-world/yes-they-can-former-cia-spy-warns-agencys-tools-can-takeover-your-phone-tv-and-even-your-car/
Oui les possibilités de piratage de nos appareils sont colossales, et probablement déjà exploitées.
Une petite réflexion par rapport aux entreprises qui refusent le télétravail:
Fondamentalement, aller au travail, c'est consommer de NOTRE temps personnel POUR le boulot. C'est un cadeau à l'entreprise. Pourquoi le temps de trajet ne serait pas compris dans le temps de travail ?
Sans compter que faire un trajet c'est :
- user sa voiture (coût)
- consommer du carburant (coût)
- ajouter du stress à la perte de temps.
- risquer sa vie.
Refuser le télétravail, c'est dire au salarité : "On préfère que vous dépensiez VOTRE temps et VOTRE argent et que vous risquiez votre vie pour NOTRE confort de control-freak."
☹️
Vous pouvez aussi ajouter que cela a également un coût pour la société toute entière (infrastructures, pollution, services d'urgences, coût des hospitalisations et soins...).
Une petite chanson d'actualité <3
Le Washington Post pensait tenir une nouvelle vitrine de son savoir-faire éditorial. Il se retrouve avec un sérieux rappel à l’ordre sur les limites actuelles de l’intelligence artificielle en journalisme. Le quotidien américain a récemment lancé « Your Personal Podcast », un format audio généré par IA, censé offrir à chaque auditeur un résumé personnalisé de l’actualité. L’initiative, développée en partenariat avec ElevenLabs, a toutefois rapidement dérapé.
Boé a équipé 95 % de ses ordinateurs de bureau avec Ubuntu, un système d’exploitation libre. Résultat : 25 000 euros d'économies sur les licences informatiques, une maintenance divisée par quatre et du temps libéré pour accélérer sa transformation numérique. Retour sur un projet ambitieux, mené en interne avec seulement deux agents.
Linux s'installe.
Je n’ai jamais su comment agir politiquement. Ni quoi faire, ni avec qui. C’est un problème banal : quand on veut tout changer, par où commencer ? Quel moyen d’action choisir, qui serait utile tout en respectant les contraintes personnelles du moment ?
[...]
J’habite Montreuil, une ville avec un tissu associatif et militant très dense. J’y ai rencontré des personnes passionnantes, et en 2022, une amie m’a proposé de rejoindre un groupe dont elle faisait partie, les Bons petits légumes. C’est un collectif anticapitaliste qui travaille l’autonomie alimentaire et l’auto-gestion, notamment via des récupérations de légumes et la gestion d’un camion collectif. Un réseau d’entraide, très intégré dans le milieu militant de la ville, qui met en relation des collectifs et facilite leurs activités.
Un exemple d'une action clairement politique mais surtout solidaire, vectrice de liens, d'échanges et de beaucoup d'humanité !
Le constat est sans appel. L'étude réalisée par des juristes de l'Université de Cologne établit que le Cloud Act, combiné au Stored Communications Act et à la Section 702 du FISA, permet aux autorités américaines d'exiger des données auprès des fournisseurs cloud, peu importe où ces données sont physiquement hébergées. Ce qui compte, c'est le contrôle exercé sur l'entreprise qui traite les données. Si la maison-mère est américaine ou si l'entreprise a des liens commerciaux significatifs avec les États-Unis, les données peuvent être réclamées. Les filiales européennes de Microsoft, Google ou Amazon sont donc directement concernées.
Voilà. C'est à peu près clair pour tout le monde maintenant ?
Ça fait des années que les acteurices militantes des données personnelles, du respect de la vie privée, de la lutte contre la surveillance etc. le disent. La justice l'a dit aussi (coucou les arrêts Schremps I et II auprès de la Cour de Justice de l'Union Européenne). Et maintenant, les universitaires le confirment.
Donc, maintenant, on se barre des outils US. Merci.
Pour rappel :
Au final, sur les près de 13 milliards de fraude sociale, seuls 4 milliards sont réellement imputables aux bénéficiaires de prestations sociales.
Des publicités mais qui font plaisir :p
« Meta – la société mère d’Instagram, Facebook, Threads et WhatsApp – aurait désactivé ou placé en shadow-ban les comptes de plus de 50 organisation sur l'avortement, organisations queer et organisations de soins de santé reproductive à travers le monde au cours des derniers mois. »
Dans cette tribune, des organisations engagées pour les droits des femmes dénoncent l’interdiction par le géant américain des publicités portant sur des « enjeux sociaux ». Elles estiment que cette décision, appliquée début octobre sur Facebook et Instagram, pénalise encore leur parole sur les réseaux sociaux.
« La société délirante dans laquelle nous vivons ressemble à un mensonge parfaitement mis en scène que l’on nous persuade d’accepter comme une réalité », estime Arshin Adib-Moghaddam dans son livre The myth of good AI : a manifesto for critical Artificial intelligence (Le mythe de la bonne IA : un manifeste pour une intelligence artificielle critique, Manchester university press, 2025, non traduit). Cette société délirante n’est pas le produit de l’IA, constate pourtant le professeur de philosophie et codirecteur du Centre pour les futurs de l’IA de l’université de Londres. Mais, l’IA vient la renforcer parce qu’elle « floute les lignes de nos modes de compréhension de la vérité et du mensonge, du pouvoir et de la résistance, de la subjectivité et de l’objectivité, de la science et de la fiction ». Ce qui change avec l’IA, c’est que Big Brother n’est plus une autorité qui nous contrôle de l’extérieur, mais une perturbation qui vient altérer nos facultés cognitives elles-mêmes.