Des documents suggèrent que, contrairement à ce que suggère la direction du groupe, Capgemini Government Solution fournissait déjà des services de « skip tracing » à la police anti-migrants de Trump avant la signature de son nouveau contrat controversé en décembre.
Grand Prix #MAFFA 2026
Capgemini, leader dans l'organisation de rafles
Issue du savoir-faire français dans la conduite et l'accompagnement de rafles, Capgemini remet au goût du jour cette spécialité française.
En plus de Capgemini, «CheckNews» révèle que les drones vendus par le Français Parrot facilitent le travail des agences fédérales chargées de la politique migratoire. Tout comme un logiciel de gestion de données biométriques élaboré par Thales.
Les entreprises françaises, toujours à la pointe pour aider les fascistes, on ne se refait pas !
liberation.fr/checknews/ice-pa
(en plus, les USA font le beta-test ; nous, on aura droit à une version sans bug, le rêve, hein !?)
Depuis deux semaines, la filiale américaine du géant français Capgemini est sous le feu des projecteurs, accusée d’aider les agences fédérales américaines dans leur chasse aux étrangers sur le sol américain. Les révélations de l’Observatoire des multinationales, reprises par l’Œil du 20 heures de France 2, ont montré que la société avait empoché des millions de dollars pour aider les forces de l’ordre à identifier, localiser et expulser les étrangers en situation irrégulière.
Peu de temps après la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, tués par des agents fédéraux à Minneapolis, ces contrats font polémique. Y compris en interne : les syndicats de Capgemini, CFDT et CGT en tête, ont dénoncé une contradiction avec les valeurs affichées par le groupe. Et le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a appelé à l’Assemblée nationale Capgemini «à faire la lumière de manière extrêmement transparente sur les activités qui sont les siennes, […] et sans doute à questionner la nature de ces activités».
Mais Capgemini n’est pas le seul fleuron tricolore à vendre ses services ou ses produits au Département à la sécurité intérieure (DHS), dont dépendent les agents de l’ICE et de la police aux frontières. Les drones de la société française Parrot sont aussi utilisés par ces agents, comme le mentionnent des appels d’offres que CheckNews a trouvés sur les sites gouvernementaux.
Les drones de l’entreprise Parrot
Depuis plusieurs années, ces drones sont vendus par un distributeur agréé par l’administration américaine, Darley Defense. Sur son site, celui-ci vante même les mérites du modèle «Anafi USA Mil», un drone «construit pour servir le DHS». «Grâce à la vidéo 4K HDR et à un appareil photo de 21 mégapixels, il permet à des agences telles que la police des frontières, les services de l’immigration (ICE) et les services secrets américains de visualiser des zones depuis les airs», promeut le distributeur. Les logos du DHS et de la police aux frontières apparaissent aussi sur le site de Parrot.
Combien de drones Parrot équipent la police anti-immigration, et pour quels types d’opérations ? Les agences fédérales contactées par CheckNews n’ont pas répondu. Parrot, de son côté, confirme que «le DHS est un client historique» avec qui la société a signé des contrats avant le retour de Trump à la Maison Blanche et que «différentes agences sont équipées des drones Parrot», sans être en mesure de préciser la répartition au sein de l’ICE et de la police aux frontières. Le 21 janvier 2026, cette dernière prévoyait encore d’acheter des drones de modèle «Parrot Anafi UKR» (à l’origine conçu pour être adapté au front ukrainien), pour répondre à un besoin de «capacité supplémentaire de reconnaissance, de surveillance et de suivi aériens afin d’améliorer la connaissance de la situation pour les commandants et les agents sur le terrain». Le montant prévisionnel était estimé entre 2 et 5 millions de dollars.
Thales et les empreintes digitales
L’ICE et la police aux frontières ont aussi pu compter sur les talents de Thales, géant français de la défense dont l’Etat français détient 26 %, pour la gestion des données biométriques et pour l’identification de millions de personnes vivant sur le sol américain. A la fin des années 90, et surtout après les attentats du 11 septembre 2001, Cogent (depuis racheté par Thales) a élaboré une brique logicielle du principal système de gestion des données biométriques américaines, Ident, permettant de relier «les données biométriques aux informations biographiques pour établir et vérifier les identités», expliquait un document publié par le DHS en 2024. D’après Thales, sa contribution s’est limitée à la partie «empreintes digitales» du système.
«L’ICE utilise Ident pour enregistrer les données biométriques des personnes rencontrées et/ou arrêtées […] dans le cadre d’enquêtes, d’arrestations, de mises en détention, et/ou d’expulsions des Etats-Unis», détaille un autre document du DHS. D’après 404 Media, une application de reconnaissance faciale et d’analyse d’empreintes digitales utilisée par l’ICE, Mobile Fortify, est d’ailleurs branchée sur la base de données Ident pour identifier les personnes arrêtées.
«Cette base de données, d’une puissance unique, repose toujours sur la technologie de Thales» qui est «la plus complète du monde» dans sa catégorie, se félicitait même la firme tricolore sur son site en 2021, dans un article depuis supprimé. Ajoutant qu’«il n’existe probablement aucune autre démonstration plus explicite de la capacité de l’entreprise à aider les autorités de contrôles aux frontières pour relever les défis du XXIe siècle». En 2019, le DHS a annoncé vouloir remplacer Ident par un nouveau système, Hart, mais celui-ci a accusé plusieurs années de retard et la solution logicielle de Thales est toujours utilisée.
Au-delà de ce système, Thales a vendu d’autres produits aux agences fédérales américaines en charge de la lutte contre l’immigration illégale. Des documents d’appels d’offres de 2020, consultés par CheckNews, indiquent que la police aux frontières utilise (ou a utilisé) Vormetric, un autre logiciel de chiffrement et sécurisation des données, commercialisé par Thales, et dont la société fait aussi la promotion sur son site.
Depuis plusieurs jours, les utilisateurs des plateformes de Mark Zuckerberg, y compris en France, ne peuvent plus partager l’adresse du site ICE List. Celui-ci répertorie des données sur les membres du département de la Sécurité intérieure.
Un nouveau tour de vis des géants du numérique en faveur de l’administration Trump. Tandis que TikTok semble, depuis son passage sous pavillon américain, limiter la publication aux Etats-Unis de certains contenus critiques des méthodes du Président, Meta se lance à son tour dans la chasse aux contenus anti-ICE, la police de l’immigration dont les agents ont abattu Renee Good puis Alex Pretti à Minneapolis.
Voilà pourquoi il faut utiliser des services libres, indépendants et décentralisés pour faire sa communication… On ne le dira jamais assez et on ne sera toujours pas écouté, as usual…
C'est "marrant", l'ICE utilise exactement toutes les technos qu'on dénonce depuis des années comme invasives et dangereuses pour la vie privée: traceurs publicitaires, lunettes connectées, reconnaissance faciale, même les caméras des serrures Amazon Ring... Peut être que maintenant on va envie arrêter de nous prendre pour des "anti progrès" et de nous dire "mais j'ai rien à cacher"... comme le dit la chronique, "c’est vrai jusqu'à ce qu'un pouvoir autoritaire pénalise un comportement banal.
Comment le groupe français Capgemini aide la police fédérale américaine ICE à localiser les migrants
Capgemini, entreprise de services du numérique française, a décroché des contrats pour l'ICE, la très controversée police anti-immigration américaine. Elle l'aide notamment à identifier et localiser des étrangers, avec un important chèque à la clé.
On voulait de la tech souveraine, regardez qui va faire le bonheur des fascisants français sous peu ...
article complet
Chronique — Contre X
Avec l'imbrication de sa plateforme X et du logiciel de génération d'images Grok, Elon Musk règne désormais sur la plus grande usine à pornographie non-consensuelle, pédopornographie et dégradation de la planète. À l'heure où la Big Tech et le gouvernement des États-Unis ne forment fonctionnellement plus qu'une seule entité, l'inaction des gouvernements européens est une capitulation morale et politique historique.
S'il y a bien un avantage à tirer de la banalisation de l'ignoble dans l'actualité internationale, c'est la clarté glaciale avec laquelle elle éclaire le monde médiatique et politique. Après plus d'une décennie à prétendre œuvrer pour le bien commun tout en consolidant sans relâche sa domination sur des États-nations simultanément lâches et complices, le cartel de la tech états-unienne, assuré de son imperméabilité vis-à-vis de toute tentative de régulation, s'est enfin permis de tomber le masque. En 2026, tout le monde ou presque l'a compris : les entreprises de la tech, leurs PDG broligarques et leur agenda d'accumulation suprémaciste brutalisent le vivant sous toutes ses formes. Dernière manifestation en date : X contre la dignité humaine.
La situation est simple, et peut donc être racontée très simplement. Le cinquième site web le plus visité du monde, X, qui compte 550 millions d'utilisateurs mensuels actifs (dont deux-tiers d'hommes) et dont le siège social français est situé au 10 rue de la Paix à Paris, commercialise un logiciel qui génère, sur instruction écrite, des images pédopornographiques. Ce n'est pas un bug, un hack, ou une utilisation frauduleuse du système : c'est son fonctionnement normal. C'est l'une des fonctionnalités proposées par Grok, le logiciel développé par X, intégré à la plateforme et disponible pour tout un chacun. Autre fonctionnalité du logiciel mise en avant par l'entreprise : la possibilité de générer automatiquement, sur commande et gratuitement, des images dénudées et suggestives d'hommes, de femmes et d'enfants (mais surtout, surtout ces deux dernières catégories de personnes), qu'on appelle deepfakes. Aucune connaissance technique préalable n'est nécessaire : il suffit de demander au logiciel de transformer la photo d'une personne habillée en "un bikini transparent", d' "échanger ses vêtements contre un bikini échancré", ou encore d' "augmenter la taille de sa poitrine de 50%". Le vieux fantasme misogyne des lunettes qui déshabillent, réalisé par Elon Musk - sauf que le système ne fonctionne que sur des femmes et des enfants, et que les images sont disponibles publiquement sur un réseau social, prêtes à être consultées, manipulées ou téléchargées. Contrairement à d'autres systèmes similaires, Grok n'applique aucun watermark, aucun symbole pour signifier au public que l'image est synthétique. Ce n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité.
Le phénomène n'est pas tout à fait nouveau : Grok propose l'édition d'images depuis mars 2025 et un "mode Spicy", réservé "aux créateurs qui souhaitent explorer des univers plus visuellement osés et edgy", depuis fin octobre 2025. Dès le mois de mai, des utilisateurs de la plateforme X utilisaient le logiciel pour générer ce genre d'images, comme le rapportait le site spécialisé 404 Media. Ce qui a changé, courant décembre, c'est que la pratique s'est massifiée. Entre le 5 et le 6 janvier, selon Bloomberg, le logiciel a généré 6700 images de nudité non-consensuelle toutes les heures. (Parallèlement, les cinq plus gros sites fournissant un service de deepfake similaire en généraient 79 par heure.) Selon le rapport de l'ONG française AI Forensics, sur 20 000 images générées par le logiciel, 53% présentent des personnes dénudées, dont 81% de femmes, 2% de mineurs et 6% de personnalités publiques. (Parmi ces dernières, Ashley St Clair, mère de l'un des 14 enfants d'Elon Musk ; Nell Fisher, actrice de la série Stranger Things, âgée de 14 ans ; Ebba Busch, vice-première ministre suédoise, ainsi que deux ministres britanniques.)
Pire encore, AI Forensics a découvert que Grok pouvait également générer du contenu à caractère de propagande nazie et pro-État islamique. Le 7 janvier, Wired révélait, à nouveau en partenariat avec AI Forensics, que le site et l'application Grok, distincts de la plateforme X mais appartenant à xAI, permettent d'aller encore plus loin et de générer des vidéos mélangeant pornographie et imagerie gore et violente, hentai (manga à caractère pornographique) et deepfakes de célébrités. 10% des 800 photos et vidéos observées par l'ONG concernent du matériel pédopornographique. Les premiers jours de janvier, rapporte le Guardian, les demandes empirent. Bikinis couverts de svastikas. Corps de femmes recouverts d'un liquide blanchâtre, couverts de bleus, ensanglantés, corps attachés. Corps de femmes racisées sexualisées dans des situations de déportation. Photo de Renee Nicole Good, assassinée de sang-froid par l'ICE, modifiée par Grok pour y ajouter des impacts de balle. Convergence des humiliations.
Ces images sexualisées, générées sans consentement des personnes visées, contreviennent aux conditions générales d'utilisation de l'entreprise. Elles sont en outre illégales au regard de la loi française SREN (Sécuriser et Réguler l'Espace Numérique), adoptée le 21 mai 2024, qui prévoit notamment, après saisine de l'Arcom, le blocage des sites pornographiques qui ne contrôlent pas l'âge de leurs utilisateurs, leur déréférencement des moteurs de recherche sous 48 heures et, en vertu de l'article 226-8-1, deux ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende pour quiconque crée et diffuse ces "hypertrucages" pornographiques. Lorsqu'il s'agit de pédopornographie, l'article 227-23 prévoit a minima 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Pour reprendre l'acronyme inventé par le théoricien des médias Stafford Beer, "the purpose of a system is what it does" (POSIWID) – la fonction d'un système s'identifie via ses effets concrets. Dont acte: au 10 rue de la Paix, à Paris, se trouve le siège français de X, la plus grosse usine à pornographie et pédopornographie générée par IA de la planète.
au bal des impotents
La réponse de l'entreprise a eu lieu en trois temps. Début janvier, alors qu'elle répondait automatiquement "les médias mainstream mentent" à toute demande de réaction venant des journalistes, Elon Musk répondait à des photos de célébrités en bikini (y compris de lui-même), sur X, par un émoji "mort de rire". Le 3 janvier, l'entreprise publiait un communiqué pour, en substance, blâmer les utilisateurs plutôt que le système. Le 9 janvier, X annonce limiter la fonction de génération d'images sexualisées aux seuls abonnés payants du logiciel – ce qui, en plus d'être techniquement faux, tel que le révèle The Verge le même jour (et n'en déplaise à la couverture presse générale, qui se contentera, comme d'habitude avec les mensonges d'Elon Musk, de reprendre le communiqué sans vérifier qu'il dit vrai), confirme que la pornographie non-consensuelle fait partie intégrante du business model de la plateforme. Lorsque les utilisateurs de X tentent de générer de telles images, Grok ne leur répond pas qu'elles sont interdites, mais que la fonction doit être débloquée en achetant le plan "SuperGrok". Prix de la pédopornographie : 30 dollars par mois, sans engagement.
Face à une nouvelle vague d'indignation mondiale, X annonce, le 15 janvier, la mise en place de restrictions "pour empêcher le compte @Grok de permettre l’édition d'images de personnes réelles dans des tenues révélatrices, comme des bikinis", y compris pour les abonnés payants, via un "blocage géographique" là où la loi l'exige. Là encore, la mesure ne concerne que les interactions avec le compte X @grok ; les images générées via l'onglet "Grok" de X ne semblaient pas concernées, tout comme les images générées via le site et l'application Grok. Musk a crié à la censure, affirmé qu'il n'avait jamais vu une seule images pédopornographique générée par Grok, puis partagé une photo de Keir Starmer en bikini. Avec l'arrogance trollesque de celui qui se sait invulnérable. Le tour de passe-passe fonctionne, d'autant qu'entre-temps, Donald Trump a eu le bon goût de kidnapper Nicolas Maduro. La machine à pédopornographie d'Elon Musk sort des chaînes d'info.
Mais la commedia dell'arte politique n'en finit pas. Depuis trois semaines, de nombreux élus, institutions et régulateurs se sont indignés de l'indigne. Des mots forts, des mots lourds comme "horrible", "irrespectueux", "dégoûtant", "honteux" ont été utilisés. En France, après les signalements à la plateforme Pharos et au procureur de la République des ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé et des députés Arthur Delaporte et Éric Bothorel , le parquet de Paris a étendu son enquête visant X depuis juillet dernier à Grok, et le gouvernement condamne "avec la plus grande fermeté". La Commission européenne a indiqué qu'elle "s'intéressait très sérieusement au sujet" et a déclenché une mesure conservatoire, qui impose à la plateforme X "de conserver tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu'à la fin 2026". Le Royaume-Uni, via son gendarme Ofcon, a lancé une enquête. L'Italie, l'Allemagne et l'Australie aussi. Le Canada "partage les inquiétudes" de ses alliés, mais "n'envisage pas" de suspendre le site. Tout est sous contrôle. L'Occident menace, index tendu : si ça continue, ça va barder. Efficacité concrète : nulle. Parole, parole parole.
Il fallait entendre Roland Lescure, le menton haut, se féliciter de son inaction et de celle de ses homologues: "C'est terminé parce qu'on a résolu ça de manière extrêmement ferme. (...) La régulation du numérique européenne est non négociable. Ils n'ont qu'à soit quitter l'Europe soit respecter le droit. L'Europe ne courbera pas l'échine". De quoi peut-il bien se féliciter, au juste ? Qu'est-ce qui est terminé ? Qu'est-ce qui a été résolu ? Dans les faits, qui s'entête à venir troubler le tableau merveilleux de la communication politique, xAI commercialise donc toujours un générateur d'images pornographiques et pédopornographiques non-consensuelles, et ce logiciel est toujours intégré à la plateforme X. Dans les faits, rien n'a changé. Un véritable continuum de la complicité se serre les coudes. Apple et Google proposent toujours les applications Grok et X sur leurs app stores respectifs. Ils fournissent d'ailleurs aussi les applications ChatGPT et Gemini, qui proposent également des fonctions de génération pornographiques non-consensuelles. Sundar Pichai et Tim Cook sont complices. Le groupe d'investisseurs (parmi lesquels les fonds états-uniens Blackrock, Andreessen Horowitz, Sequoia Capital, Fidelity et les fonds souverains du Qatar, d'Oman et des Émirats arabes unis) qui a choisi d'investir 20 milliards de dollars supplémentaires dans xAI, le 6 janvier, en plein scandale, est complice. Les 37 entreprises états-uniennes qui font de la publicité sur X sont complices. Au fil des jours, le bal des hypocrites a pris des airs de compétition de breakdance, chacun y allant de son geste technique et de son chambrage sans jamais réellement menacer qui que ce soit. À la fin, seuls deux gouvernements méritent nos félicitations : la Malaisie et l'Indonésie, qui n'ont pas tremblé au moment d'interdire l'accès à une usine à contenus pédopornographiques en ligne. (Et tant pis si, sur place, la population utilise des VPN pour contourner la censure.)
La transformation de X et Grok en usine à dégradation de la dignité humaine est aussi peu surprenante qu'elle était évitable. X, sous sa forme actuelle, n'est pas une plateforme d'information – c'est le royaume d'Elon Musk, sur lequel il exerce un pouvoir absolu. Elon Musk, je l'ai suffisamment écrit, est un suprémaciste blanc élitiste, raciste, antisémite, misogyne, homophobe et transphobe, convaincu d'appartenir à une "élite cognitive" transhumaniste, eugéniste et intrinsèquement supérieure au reste de l'espèce. Un homme qui, parce qu'il croit à la théorie raciste du "Grand Remplacement", a démantelé l'USAID - conséquence : 600 000 morts, dont 400 000 enfants. Un homme qui parle de "génocide blanc" pour décrire son pays de naissance, l'Afrique du Sud. Un homme qui lâche des saluts nazis en mondovision. Et Grok est une transposition algorithmique de son idéologie, son alter ego numérique incorporé à son territoire. Un chatbot qui s'est brièvement, et de lui-même, surnommé "MechaHitler".
Interagir avec Grok, c'est interagir avec Elon Musk, qui arbitre et redéfinit perpétuellement le périmètre du dicible. Si le façonnage d'une réalité sur-mesure est devenu le business model standard du capitalisme cognitif basé sur "l'engagement", aucun autre PDG de la tech n'opère au même niveau de micro-management sur son territoire que Musk, constamment penché sur sa simulation pour en modifier les paramètres. En juin, mécontent des réponses factuelles fournies par son logiciel, le milliardaire a annoncé son intention de "réécrire l'intégralité du corpus des connaissances humaines" à travers lui, ce qui a donné l'anti-encyclopédie Grokipedia. X est donc pensé comme une ontologie alternative, une réalité parallèle conçue par un milliardaire démiurge qui détient seul le monopole du vrai. Grok, en ce sens, est une "arme épistémique", un dispositif de maintien de l'ordre - ici à la fois patriarcal, colonial, capitaliste. Image après image, Musk, par la voix de Grok, répète le même mantra : vous qui entrez ici, vous êtes une marchandise. Vos vies ne valent rien. Et personne n'est à l'abri de l'humiliation. Rappelez-vous, il y a tout juste deux ans, des deepfakes pornographiques de Taylor Swift diffusés en masse sur le site. Ce n'est pas un bug. C'est un régime de vérité parfaitement clair et assumé. Une violence transparente, encodée depuis la mise à jour de septembre. Les journalistes technocritiques et des associations comme WITNESS alertent depuis des années (en 2025, les journalistes généralistes étaient encore visiblement trop fascinés par le "génie" Elon Musk) . Soyons très clair : l'objectif poursuivi par Musk, via l'instauration de ce régime informationnel, c'est la désensibilisation à la violence, la fin de l'empathie, et la banalisation d'un ordre qui traite la condition humaine comme une marchandise. Musk, comme le résume parfaitement le journaliste Charlie Warzel dans The Atlantic, parie sur un monde déjà tellement saturé d'horreurs que le corps social a tout simplement abandonné l'idée de demander des comptes. Non, Elon Musk ne doit pas s'en tirer comme ça. Il faut insister, nommer, rester enragé.e.s coûte que coûte.
Ce à quoi nous assistons est un scandale, une honte indélébile sur nos régimes et un échec institutionnel majeur. C'est l'abandon de toute prétention à l'autonomie décisionnelle vis-à-vis du technofascisme états-unien, la reddition de la forme d'agentivité politique la plus élémentaire en faveur de la froide logique marchande. Nous avons les outils légaux pour interdire X. Nous avons les outils techniques pour interdire X. Nous avons les outils pour le faire rapidement. Nous l'avons fait lorsque les IPTV menaçaient le business model des diffuseurs de foot. Nous l'avons fait, et nous le faisons encore, lorsque les sites de streaming menaçaient le modèle des grands studios hollywoodiens (en 2025, l'Arcom a bloqué l'accès à 5000 noms de domaine). Nous avons fait la guerre aux services d'échange de fichiers peer-to-peer lorsqu'ils empêchaient les actionnaires des majors du disque de dormir sereinement, puis une nouvelle fois avec les sites de partages torrent comme T411 et The Pirate Bay. Nous l'avons fait pour les sites à contenu djihadistes et, comme le rappelle très justement ma consoeur technocritique Mathilde Saliou dans sa newsletter Technoculture, lorsqu'il a fallu désactiver les chaînes russes RT et Sputnik pour cause de propagande pro-russe. Le 20 janvier, alors que j'écris ces lignes, le tribunal de Paris a même bloqué l'accès aux VPN qui permettaient encore de contourner la censure des IPTV, pour protéger les intérêts de Canal+ et BeIN Sports.
Demandez à la Quadrature du Net ou à Marc Rees (ex rédacteur en chef de Next INpact), infatigables défenseurs des libertés numériques, avec quelle approche la France régit le web. Depuis un quart de siècle et la mise en place du paradigme sécuritaire post-2001, nos gouvernements n'ont cessé d'arsenaliser l'espace numérique hexagonal, une innovation panoptique et un décret sécuritaire après l'autre, au nom d'un cheval de Troie antiterroriste qui n'a jamais rien combattu d'autre que la vie privée en ligne et le droit à l'anonymat, n'en déplaise à celles et ceux qui prétendaient (et prétendent encore) n'avoir "rien à cacher". Depuis dix ans, la "loi renseignement" de 2015 permet à l'État de surveiller le trafic Internet français via des "boîtes noires"chargées d'identifier d'évasifs "signaux faibles", au détriment de la vie privée de toustes. Nous avons inventé l'horrible loi Avia, heureusement déclarée inconstitutionnelle, qui obligeait les réseaux sociaux à retirer dans l'heure tout contenu pédopornographique sous peine de blocage. (Début janvier, Grok générait 6700 photos pornographiques chaque heure. ) Nous avons des lois, comme la LOPPSI 2, contre le contenu illégal qui obligent les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) à bloquer l'accès à un site web au niveau DNS. C'est une opération triviale. Pas plus tard qu'en novembre, le gouvernement s'attaquait aux fournisseurs DNS (Google, Cloudflare, Quad9) pour leur imposer de bloquer une liste de sites de piratage, ce que la fondation suisse Quad9 a décrit comme une "menace existentielle" pour le Web ouvert et neutre. Nous l'avons fait tellement de fois, au nom de prétextes tellement variés, qu'il existe une page Wikipédia entière dédiée aux censures du Web par le gouvernement français. À ce niveau de zèle et d'autoritarisme, on peut appeler ça une spécialité locale.
Nos administrations de droite successives, qui n'ont jamais vu Internet autrement qu'une éternelle "zone de non-droit" à pacifier par la force et ne savent plus penser la politique autrement que comme une éternelle opération de maintien de l'ordre (social), ont bâti depuis 25 ans une architecture de répression juridico-technique capable de désactiver immédiatement n'importe quel site Web au moindre prétexte. Le gouvernement Macron a désactivé TikTok à la seconde où la jeunesse de Kanaky s'en est servi pour organiser sa lutte pour l'émancipation, en dehors de tout cadre légal, poursuivant la grande tradition coloniale d'expérimentations autoritaires sur des territoires et existences perçues comme subalternes. Ni la morale ni le droit n'arrêtent ce pouvoir dès l'instant où il se sent menacé, et la proportionnalité de la réponse répressive n'a jamais été son fort. Pour protéger les intérêts du capital et de la République, il y a du monde. Mais quand ça concerne les plus vulnérables et que l'homme le plus riche du monde est à la manœuvre, ça hésite, ça se tortille, ça agite les bras, ça bégaie. Imagine-t-on l'État français réagir de cette manière si une chaîne de télévision française (allez, au hasard, une chaîne Bolloré) se mettait à diffuser des deepfakes pédopornographiques? Jamais.
Mais le problème est plus profond encore : X, anciennement Twitter, est un canal d'expression institutionnel, sur lequel tous les ministères communiquent. Le pouvoir politique français, visiblement bloqué à l'ère des réseaux sociaux supposément démocratiques et libéraux, le perçoit comme une infrastructure neutre, deux choses que ce site maudit n'a jamais été, et n'est certainement plus depuis son rachat par un extrémiste. Faut-il alors attendre autre chose que de la servilité d'un gouvernement qui utilise le royaume numérique d'un milliardaire suprémaciste états-unien, transformée en gigantesque site pédopornographique, comme plateforme de communication officielle, et qui continue à le faire, en parfaite connaissance de cause et malgré une pétition citoyenne l' enjoignant d'arrêter ? Que faut-il attendre d'un président qui promet 109 milliards d'euros pour développer des IA génératives toxiques, et qui fête l'ouverture d'un sommet industriel pro-IA en publiant un deepfake de lui-même, sur X de surcroît ? Que faut-il attendre d'un gouvernement qui a tellement internalisé la nouvelle géopolitique technofasciste qu'il inaugure en fanfare un compte X du Quai d'Orsay, French Response, qui n'a aucune autre fonction que de troller sur X au nom de la République ? (Soyons clairs une nouvelle fois : plus que jamais, que vous soyez élu, militant, journaliste, peu importe votre orientation politique et même si la solution aux problèmes systémiques ne saurait reposer sur des comportements individuel, utiliser X, poster sur X, interagir sur X, c'est travailler dans l'usine à deepfakes d'un contremaître fasciste.)
La situation est simple: le gouvernement français est à la fois complice et tétanisé. Complice, on l'a vu, autant par intérêt à prospérer sur le chaos épistémique que par indifférence au sort des femmes et enfants dénudés par Grok - mais est-ce étonnant venant d'un gouvernement patriarcal dont le féminisme consiste à investir des violeurs à des postes ministériels, dont l'ex-Premier ministre a couvert des pédocriminels et dont le président masculiniste, qui n'aime rien tant que s'échanger des blagues homophobes et des répliques de Michel Audiard en buvant un Lagavulin 16 ans d'âge avec son boys club du soir, considère Gérard Depardieu, violeur récidiviste condamné en mai dernier, comme allégorie culturelle du pays ? Tétanisé, ensuite, par un pouvoir technofasciste états-unien qui prolifère sur notre dépendance aux services de la Silicon Valley pour nous brutaliser économiquement et diplomatiquement. Les États-Unis de Trump déploient désormais un capitalisme d'État à la chinoise, où la relation entre business et diplomatie met la seconde au service du premier. En août dernier, Marco Rubio a ainsi demandé sans détour aux diplomates basés en Europe de mener une campagne de lobbying auprès des élus contre le Digital Services Act européen. Car s'opposer au monopole de la tech, c'est s'opposer à la domination états-unienne. Symbole de cette hybridation : Grok, apprenait-on le 14 janvier, va être intégré à l'armée des États-Unis via le programme GenAI.mil. S'attaquer à Grok, c'est donc s'attaquer au Pentagone. S'attaquer au Pentagone, c'est s'exposer à tout l'arsenal de répercussions dont dispose l'administration Trump, y compris les conséquences que nous ne pouvons pas encore imaginer. Mais si notre classe politique n'est même plus capable de lutter concrètement pour interdire une usine à images pédopornographiques, quelle est alors son utilité pour le corps social ? Quelle est sa fonction ? Face à la démonstration flagrante de sa lâcheté et de son hypocrisie, quel poids donner ensuite à la fable de son autorité ? Ne nous y trompons pas : un moment comme celui-là devrait être un test de légitimé. Un referendum officieux. (Un autre, un énième, après 27 mois d'indignité à nier, permettre, accompagner et défendre un génocide à Gaza.) Pourquoi soutenir un État français incapable de défendre la décence la plus élémentaire, non seulement celle d'autrui mais désormais celle de sa propre population, face à une entreprise - le continuum apocalyptique Trump - Musk - Netanyahou - qui tire exclusivement profit de la douleur et de la déshumanisation ?
Mais il y une autre manière de voir les choses. Ce qui se passe actuellement –autour de Grok, mais aussi autour du Groenland –est une ligne de rupture, un stress test pour savoir exactement de quel bois idéologique est faite l'entité politique européenne. Si la pédopornographie ou l'autodétermination ne sont pas des lignes rouges, c'est qu'il n'y a pas de ligne rouge. S'il n'y a pas de ligne rouge, alors il n'y a pas de principe, pas de projet de société, pas de politique. S'il n'y a pas de politique, il n'y a que la transaction ou la vassalisation, dans tous les cas, le rapport de force pur. Il est l'heure, ou jamais, d'interdire X, de dessiner par des actes le périmètre du projet de société européen, de tracer dans le sable les grandes lignes d'un autre horizon. Car parler très fort mais ne rien faire est presque pire que se taire et subir : c'est collaborer dans un costume de résistant mal taillé. Trump et Musk nous servent un prétexte parfait, une limite morale indépassable et transpartisane, pour fournir enfin une réponse coordonnée à leur agression impérialiste, pour sortir de la position de victime terrifiée, pour se découpler de la dépendance infrastructurelle à la tech californienne et - rêvons tout haut - s'affirmer comme un ensemble politique autonome, qui refuse de considérer le fascisme comme la métastase inévitable du néolibéralisme en bout de course. Il ne s'agit même plus de courage, mais de dignité élémentaire.
ICE, la milice anti-migrants de Trump, est à nouveau au centre de l’actualité depuis l’assassinat de Renee Good à Minneapolis. De nombreuses entreprises profitent à plein de l’expansion du budget et des activités de cette agence, dont un groupe du CAC 40 : Capgemini.
Nous avons un problème avec le dollar. Nous le constatons aujourd’hui de manière évidente. Nous le savons en réalité depuis longtemps. Mais nous avions considéré qu’au fond, ce n’était pas si grave. Pendant des décennies, l’Union a en effet traité sa dépendance au dollar américain comme un problème d’ordre purement secondaire : désormais, alors qu’elle se retrouve dans une position extrêmement vulnérable face aux ingérences financières de Washington, le symptôme devient criant.
Suite à un décret de Donald Trump contre la Cour pénale internationale (CPI), le juge français Nicolas Guillou n'a plus le droit d'accéder aux services numériques de certaines firmes américaines.
Ça devient n'importe quoi...
OK. Vous pouvez me rappeler qui combattent les anti-fascistes ? (il y a un indice dans la question)
Trump prend des sanctions contre la CPI (Cour Pénale Internationale) en gelant des comptes bancaires et en bloquant les comptes mails. Avec la collaboration de Microsoft.
Notez bien ce qui vient de se passer : Une organisation qui n'est pas de droit américain, non située sur le sol des USA, vient de voir ses services en ligne bloqués parce qu'ils déplaisent au gouvernement américain.
Les sanctions de Trump contre le procureur de la CPI ont interrompu les travaux du tribunal
Il y a près de trois mois, le président américain Donald Trump a imposé des sanctions au procureur général de la Cour pénale internationale, Karim Khan.
LA HAYE, Pays-Bas - Le procureur général de la Cour pénale internationale n'a plus accès à son courrier électronique et ses comptes bancaires ont été gelés.
Les employés américains de la Cour, dont le siège est à La Haye, ont été informés qu'ils risquaient d'être arrêtés s'ils se rendaient aux États-Unis.
Certaines organisations non gouvernementales ont cessé de travailler avec la CPI et les dirigeants de l'une d'entre elles ne répondent même pas aux courriels des fonctionnaires de la Cour.
Ce ne sont là que quelques-uns des obstacles auxquels est confronté le personnel de la Cour depuis que le président américain Donald Trump a imposé en février des sanctions à son procureur en chef, Karim Khan, selon des entretiens avec des fonctionnaires actuels et anciens de la CPI, des avocats internationaux et des défenseurs des droits de l'homme.
Les sanctions « empêcheront les victimes d'avoir accès à la justice », a déclaré Liz Evenson, directrice de la justice internationale à Human Rights Watch.
M. Trump a sanctionné la Cour après qu'un groupe de juges de la CPI a délivré en novembre des mandats d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son ancien ministre de la défense, Yoav Gallant.
Les juges ont estimé qu'il y avait des raisons de croire que les deux hommes pourraient avoir commis des crimes de guerre en restreignant l'aide humanitaire et en ciblant intentionnellement des civils dans le cadre de la campagne menée par Israël contre le Hamas à Gaza - des accusations que les responsables israéliens nient.
Le personnel et les alliés de la CPI ont déclaré que les sanctions ont rendu de plus en plus difficile l'accomplissement des tâches de base du tribunal, sans parler de la recherche de la justice pour les victimes de crimes de guerre ou de génocide.
Un porte-parole de la CPI et un autre de M. Khan se sont refusés à tout commentaire. En février, la juge Tomoko Akane, présidente de la CPI, a déclaré que les sanctions « constituent de graves atteintes aux États parties de la Cour, à l'ordre international fondé sur l'État de droit et à des millions de victimes ».
L'ordonnance de février interdit à M. Khan et à d'autres non-Américains parmi les 900 membres du personnel de la CPI d'entrer aux États-Unis. Elle menace également d'amendes et de peines de prison toute personne, institution ou entreprise qui apporterait à M. Khan un « soutien financier, matériel ou technologique ».
Les sanctions entravent le travail sur un large éventail d'enquêtes, et pas seulement celle sur les dirigeants israéliens.
La CPI, par exemple, enquêtait sur les atrocités commises au Soudan et avait délivré des mandats d'arrêt à l'encontre de l'ancien président soudanais Omar al-Bashir, accusé notamment de génocide. Cette enquête s'est arrêtée alors même que de nouvelles atrocités sont signalées au Soudan, selon un avocat représentant un procureur de la CPI qui s'oppose aux sanctions devant les tribunaux américains. Le procureur, Eric Iverson, a intenté une action en justice fédérale contre l'administration Trump afin d'obtenir une protection contre les sanctions.
Son client "ne peut pas faire ce que je qualifierais de fonctions d'avocat de base", a déclaré Allison Miller, qui représente M. Iverson dans cette affaire.
L'une des raisons pour lesquelles la Cour a été paralysée est qu'elle dépend fortement de contractants et d'organisations non gouvernementales. Ces entreprises et ces groupes ont réduit leur travail pour le compte de la Cour parce qu'ils craignaient d'être pris pour cible par les autorités américaines, selon des membres actuels et anciens du personnel de la CPI.
Microsoft, par exemple, a supprimé l'adresse électronique de M. Khan, ce qui a contraint le procureur à utiliser Proton Mail, un fournisseur d'accès suisse, ont indiqué des membres du personnel de la CPI. Ses comptes bancaires au Royaume-Uni, son pays d'origine, ont été bloqués.
Microsoft n'a pas répondu à une demande de commentaire.
Le personnel d'une organisation non gouvernementale qui joue un rôle intégral dans les efforts de la cour pour rassembler des preuves et trouver des témoins a déclaré que le groupe a transféré de l'argent hors des comptes bancaires américains parce qu'il craint qu'il ne soit saisi par l'administration Trump.
Les dirigeants de deux autres organisations de défense des droits de l'homme basées aux États-Unis ont déclaré à l'AP que leurs groupes avaient cessé de travailler avec la CPI. Un cadre de l'une d'entre elles a déclaré à l'AP que les employés avaient même cessé de répondre aux courriels des responsables de la Cour de peur de déclencher une réponse de l'administration Trump.
L'effet cumulatif de ces actions a conduit le personnel de la CPI à se demander ouvertement si l'organisation peut survivre à l'administration Trump, selon des fonctionnaires de la CPI qui ont parlé sous couvert d'anonymat par crainte de représailles.
L'un de ces fonctionnaires a déclaré : « Il est difficile de voir comment la Cour pourra survivre aux quatre prochaines années. »
M. Trump, fervent partisan de M. Netanyahou, a pris son décret de sanctions peu après son entrée en fonction, accusant la CPI d'« actions illégitimes et sans fondement visant l'Amérique et notre proche allié Israël ». Washington affirme que la Cour n'est pas compétente pour juger Israël.
Le décret de M. Trump indique que les « actions de la CPI contre Israël et les États-Unis créent un dangereux précédent, mettant directement en danger le personnel actuel et ancien des États-Unis, y compris les membres actifs des forces armées ». Il a ajouté que la « conduite malveillante » de la Cour menaçait « la souveraineté des États-Unis et sapait le travail essentiel du gouvernement américain en matière de sécurité nationale et de politique étrangère ».
La Maison Blanche n'a pas répondu à une demande de commentaire.
M. Netanyahu a qualifié d'« absurdes » les allégations de la CPI, et la Knesset israélienne envisage de légiférer pour faire de la communication de preuves à la Cour un crime.
Israël a lancé son offensive après que des militants du Hamas ont pris d'assaut le sud d'Israël en octobre 2023, tuant environ 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en enlevant des dizaines d'autres. Le Hamas détiendrait environ deux douzaines d'otages.
Au sein du tribunal, les employés ont fait preuve d'humour noir, plaisantant sur le fait qu'ils ne peuvent même pas prêter un stylo à Khan sous peine d'apparaître sur le radar américain.
Ce n'est pas la première fois que la CPI s'attire les foudres de M. Trump. En 2020, l'ancienne administration Trump a sanctionné la prédécesseure de Mme Khan, Fatou Bensouda, et l'un de ses adjoints en raison de l'enquête menée par la Cour sur des crimes présumés commis en Afghanistan alors que l'armée américaine opérait dans le pays.
Le président Joe Biden a annulé les sanctions lorsqu'il a pris ses fonctions quelques mois plus tard.
Trois actions en justice sont actuellement en cours de la part d'employés et de consultants de tribunaux américains contre l'administration Trump, arguant que les sanctions portent atteinte à leur liberté d'expression. En début de semaine, M. Iverson, l'avocat qui enquêtait sur le génocide au Soudan, a obtenu une protection temporaire contre les poursuites, mais si d'autres citoyens américains présents au tribunal souhaitent obtenir une assurance similaire, ils devront déposer leur propre plainte.
Entre-temps, la Cour est confrontée à un manque croissant de coopération de la part de pays normalement considérés comme ses plus fervents défenseurs.
La CPI n'a pas d'appareil d'exécution propre et s'en remet aux États membres. L'année dernière, trois pays, dont deux de l'Union européenne, ont refusé d'exécuter des mandats émis par la Cour.
Le nouvel assaut de l'administration Trump intervient alors que la Cour était déjà confrontée à des défis internes. L'année dernière, quelques semaines avant que M. Khan n'annonce qu'il demandait des mandats d'arrêt contre les responsables israéliens, deux membres du personnel de la Cour ont signalé que l'avocat britannique avait harcelé une assistante, selon un rapport de l'Associated Press.
M. Khan a catégoriquement nié les accusations selon lesquelles il aurait tripoté une assistante et tenté de la contraindre à une relation sexuelle. Une enquête des Nations unies est en cours et M. Khan a depuis été accusé d'avoir pris des mesures de rétorsion à l'encontre du personnel qui soutenait cette femme, notamment en rétrogradant plusieurs personnes qu'il jugeait critiques à son égard.
Donald Trump veut prendre le contrôle d’institutions culturelles pour restaurer la « vérité dans l’histoire américaine »
Le #fascisme se met en place, devant nos yeux.
On a déjà vu faire, on ne pourra plus dire qu'on ne savait pas.
Non content de démanteler la bureaucratie étasunienne en prenant le contrôle de ses systèmes informatiques stratégiques, Elon Musk et son DOGE proposent de remplacer les fonctionnaires limogés par des logiciels d'IA. Une manière de remplacer la politique par la technique, et la démocratie par le calcul.
C’est « l’homme providentiel » qu’étudie la science politique. Sinon, pourquoi les évangélistes seraient-ils prêts à croire en un messie adultère ? Pourquoi les partisans de la Constitution auraient-ils foi en l’homme qui se voit en dictateur ? Pourquoi les travailleurs croiraient-ils le président qui a historiquement accordé les plus importantes réductions de taxes aux plus riches ? Pourquoi des immigrants, pour certains liés à des migrants non documentés (et expulsables), se penseraient-ils immunisés s’il accède au pouvoir ? Pourquoi un pan significatif des Afro-Américains adopterait-il l’homme qui a appelé à l’exécution des « Central Park Five » depuis innocentés ?
Vous saviez, bien entendu, qu'une bombe atomique avait été largué sur Hiroshima le 6 août 1945 ?
Il est possible que vous sachiez également que le bombardier transportant cette bombe avait été nommé "Enola Gay". Ce nom a été choisi par le pilote désigné pour piloter l'engin le jour J. Il a choisi de le nommer du nom de sa mère.
But, there's more ...
Mais savez-vous ce qu'il y a dans "Enola Gay" ?
Il y a "Gay".
Et "Gay" est aujourd'hui un mot interdit dans la patrie de la liberté qu'est l'Amérique.
Et c'est pourquoi 26 000 photos risquent de disparaître grâce à la politique antiwoke de Trump
Les États-Unis subissent une vague inédite d'interdictions de livres ciblant principalement les ouvrages destinés à la jeunesse abordant les sujets de genre, racisme, ou les questions LGBTQ+. La récente interdiction du livre pour enfants de l'actrice Julianne Moore dans les écoles du ministère de la Défense est un nouvel exemple de ce mouvement conservateur de censure qui alarme les défenseurs de la liberté d'expression.
Fahrenheit 451 en live-action.
Un spectre hante l’occident et non ce n'est pas le spectre autistique. On est en train d’assister au retour du fascisme dans la première puissance du monde, c’est une révolution dont on mesurera sans doute l’importance très vite, mais passé l’état de sidération il faut voir tout ce que ça implique, aujourd’hui on va essayer de voir quelles pourraient être les conséquences de ce tournant historique.
Nouvel épisode de Rhinocéros, par Usul et Lumi.