L'association MSDE (Mouvement de soutien aux défenseur·es de l’environnement) a fait un excellent résumé du procès de 4 activistes #antipub qui se sont retrouvé·es en garde-à-vue pendant 42h.
« Quand on parle de criminaliser le militant politique, c'est ça. C'est exactement ça »
Une étude de chercheurs de l’université de Cambridge démontre que la chaleur émise par les datacenters augmente la température terrestre en moyenne de 2° jusqu’à 10 km à la ronde.
Et nos chers gouvernants veulent des datacenter #IA partout en France !
Qui veut avoir de 2 à 10° de plus chez soi ?
« La semaine où nous ressentons comme jamais les températures létales du mur climatique, le pire signal vient d’être envoyé par le Conseil d’État, incapable d’appliquer le droit face aux pressions du lobby politicofinancier de l’#A69, poursuit La Voie est libre. Ils valident le parfait emblème de notre fuite en avant : l’A69. C’est terrifiant. »
Ça fait beaucoup ces derniers temps... On arrête quand ?
En même temps quand le « Conseil d’État juge que la cour n’a pas fait d’erreur en estimant que le projet répond bien à une raison impérative d’intérêt public majeur au regard des différents objectifs poursuivis (gain de temps, amélioration du cadre de vie, développement économique, sécurité routière) », il n'a pas entièrement tort...
La question que l'on devrait se poser, ce serait plutôt "veut-on vivre dans un monde où l'intérêt public majeur, c'est de gagner 20 minutes de trajet ou avoir un développement économique au détriment de terres nourricières et de biodiversité" ? Parce que c'est le monde dans lequel on vit... ou plutôt celui dans lequel on meurt...
Et je ne peux m'empêcher de pleurer par avance quand on découvrira dans quelques années que tout ça n'a été possible que par la corruption de nos décideurs... Mais le mal aura été fait...
La canicule est un krach «écolonomique»
Timothée Parique - économiste, chercheur à la Faculté des hautes études commerciales de l’Université de Lausanne (Suisse)
(article complet)
Nous traversons une canicule historique et, déjà, la mécanique médiatique tourne à plein régime. On parle ventilateurs, climatisation, épreuves du bac, réouverture de la baignade dans la Seine. Cet avant-goût dystopique a tout du blockbuster, des cartes rouges, des hospitalisations en pagaille, et un gouvernement en PLS. Une seule chose manque à l’écran : le mot «capitalisme».
On ausculte les symptômes mais pas la maladie. La cause, pourtant, n’est pas difficile à identifier. Notre système économique accro à la croissance est en train de faire une overdose de lui-même. Cette canicule n’a rien d’un caprice du ciel, nous récoltons des décennies d’inaction climatique, méthodiquement organisée par une minorité possédante qui prospère sur l’écocide.
Rappelons quelques faits. Selon le dernier Rapport mondial sur les inégalités, les 10% les plus riches de la planète sont responsables de près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Lorsque l’on regarde l’impact, non de la consommation, mais de l’épargne, c’est encore pire : les investissements de ce décile pèsent 77% des émissions mondiales. Le constat est désormais solidement documenté par la science : ce sont bel et bien les riches qui détruisent la planète.
Le capitalisme privatise les profits et socialise les dégâts
Ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité. Le capitalisme privatise les profits et socialise les dégâts. Le décile global le plus fortuné possède les trois quarts de la richesse mondiale, ce qui lui permet de capter plus de la moitié des revenus. Mais ces privilégiés ne supporteront que 3% de la facture climatique. La moitié la plus pauvre de l’humanité, elle responsable de 10% des émissions et détentrice de 2% de la richesse, héritera de près des trois quarts des coûts (1). Le réchauffement climatique n’est pas seulement une catastrophe écologique, c’est un transfert des riches vers les pauvres, et du présent vers l’avenir.
Chaque degré au-dessus des normales est le produit d’une décision d’investissement. Au premier trimestre 2026, TotalEnergies voyait son bénéfice bondir de 51%, dopé par la flambée des prix des carburants, au même moment où la planète bouclait les trois années les plus chaudes jamais mesurées. La Terre brûle et les pétroliers encaissent, comme si l’on payait une entreprise pour incendier notre propre maison.
En 1972, un groupe de chercheurs au MIT publiait les Limites à la croissance, une étude qui montrait que la croissance exponentielle des activités humaines mènerait tôt à tard à la pénurie, l’effondrement, ou aux deux. Nous ne les avons pas écoutés. Nous avons perdu un demi-siècle à gober le conte de fées de la «croissance verte» qui nous promet une économie immatérielle et décarbonée. Cinquante ans plus tard, ce découplage reste introuvable à l’échelle et au rythme qu’exigent les limites planétaires. La croissance verte n’est pas une solution, c’est un discours d’inaction, l’alibi parfait pour ne jamais remettre en cause le capitalisme.
La production ne peut pas se faire contre la nature
La canicule est un rappel à l’ordre. L’économie n’est pas une mécanique monétaire, c’est une sphère sociale encastrée dans une réalité biophysique. La production ne peut pas se faire contre la nature, ou du moins jamais longtemps. Il faut renverser l’ordre des priorités qu’on nous présente comme naturel : l’environnement n’est pas une variable d’ajustement au service de la croissance. C’est l’inverse. C’est l’économie qu’il faut remettre à sa juste place, à l’intérieur des limites de la biosphère.
Alors il va falloir ralentir. Pas tout le monde, ni au même rythme – ceux qui saccagent le plus freinent les premiers. Une décélération à plusieurs vitesses en proportion des revenus et des patrimoines, qui prend en compte les responsabilités et les capabilités de chacun. Organiser la décroissance des pays riches pour libérer autant du maigre budget écologique qu’il nous reste pour permettre à la grande majorité de la population de pouvoir enfin vivre dignement.
La vraie question, celle que cette canicule devrait imposer dans le débat, n’est pas de savoir s’il faut ou non allumer la clim. C’est de savoir quel système économique est capable de satisfaire les besoins de tous sans dépasser les limites planétaires. Car il faut revenir au sens premier du mot : une économie sert à économiser. Une économie qui prospère en détruisant ses propres conditions d’existence n’est pas performante, elle est suicidaire. Reste à décider qui, des multinationales ou du vivant, nous choisirons de sauver. La canicule, elle, a déjà tranché.
Alors que les températures battent tous les records, le cadrage du sujet pointe rarement les responsables de la situation. Pourquoi et comment « politiser la canicule »?
L'édito de Mathieu Vidard le montre bien en colère.
Et c'est légitime...
À la faculté de Montpellier, les étudiants formés aux métiers de l’énergie seront chapeautés par... TotalEnergies. Le partenariat signé avec la multinationale est décrié par les enseignants, qui dénoncent une tentative de « #greenwashing » et une « entrave » à leur liberté académique.
C'est plus du greenwashing à ce niveau là, c'est plutôt de l'ordre du foutage de gueule, non ?
Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir
Bah la question elle est vite répondue.
C'est courageux de la part du président de lobby des data-center de mettre un terme à cette débauche énergétique qu'est l'#IA. Qui aurait cru qu'il était pour la sobriété ?
Fustigeant l’apathie ou le déni du gouvernement, le chercheur invite l’exécutif à prendre la mesure de la durée très inquiétante de la vague de chaleur actuelle car les épisodes précoces «font plus de dégâts».
Article complet :
C’est un triste solstice. L’été ne commence officiellement que ce dimanche 21 juin, pourtant la France fait déjà face à son deuxième épisode de chaleur précoce de l’année. Corps éprouvés, cours annulés, écoles fermées, grand oral du bac surchauffé, fête de la musique sous étuve, sols et végétation asséchés… Tous les voyants sont au rouge. Installée durablement sur le pays, la canicule pourrait être d’«une durée et une sévérité identiques à celle d’août 2003», a averti Météo France, avec des «pointes à 40 °C en particulier sur l’ouest et le centre» lundi et mardi et sans doute «une chaleur d’un niveau parfois inédit, tous mois confondus». Près de trente-cinq millions de personnes dans 49 départements (dont Paris et l’Ile-de-France) sont concernées, lundi 22 juin, par la vigilance rouge, le niveau d’alerte le plus élevé correspondant à la fois à un événement météorologique exceptionnel et à une inquiétude sanitaire justifiant une «mobilisation maximale». Et 90 % de la population sera sous vigilance orange ou rouge, dans 89 départements ( un nombre record).
En visite au siège de Météo France à Saint-Mandé (Val-de-Marne), ce dimanche 21 juin, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a précisé que les températures allaient «rester sur un plateau très élevé» et qu’aucune baisse n’était envisagée «d’ici la fin de la semaine». Mais cette fournaise à rallonge ne conduit pas l’exécutif à changer de méthode, qui laisse la main aux préfets et aux recteurs. «Ca doit être une gestion, vraiment j’insiste, décentralisée, au plus près des territoires», a déroulé le ministre.
Pour le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS, les responsables politiques ne sont pas à la hauteur de la situation. Coauteur du sixième rapport du Giec, il pointe la responsabilité des «freineurs» de la transformation climatique et appelle à davantage «politiser» ces événements extrêmes.
Comment qualifiez-vous la vague de chaleur en cours ?
Désormais, je les appelle «canicules Flip» : plus fréquentes, longues, intenses et précoces, et aussi plus flippantes. A Paris, il est maintenant quasi-certain que le record emblématique de la température minimale la plus élevée, en août 2003 (25,5 °C), sera battu. Les minimales sont critiques, particulièrement en ville pour la santé physique et mentale, car les corps récupèrent des chaleurs extrêmes de la journée durant la nuit. Trop hautes, elles induisent des risques de nature multiples (accidents par baisse de vigilance et réactivité, décompensation psychique, etc.). Au-delà des valeurs extrêmes de températures, c’est la durée de la canicule qui est flippante. Il est probable qu’elle soit d’une sévérité comparable à celle de 2003.
La succession des épisodes de chaleur amplifie-t-elle la menace ?
Ces épisodes de chaleur fréquents peuvent nous confronter à des risques systémiques où les événements (canicule, sécheresse, orages, etc.) se combinent et touchent plusieurs secteurs, soit de manière concomitante, soit successive, aggravant considérablement leurs effets.
Pourquoi cette canicule intense et durable, en plein solstice, paralyse-t-elle autant la société ?
Les chaleurs précoces font plus de dégâts que celles que l’on observait entre le 15 juillet et le 15 août dans un climat non réchauffé par l’homme. Elles rendent nos sociétés humaines plus vulnérables puisque l’exposition à la chaleur est plus importante en début d’été ; elles touchent les élèves dans les écoles surchauffées, les travailleurs sur les chantiers ou les agriculteurs dans les champs, etc.
Ces chaleurs malmènent aussi les écosystèmes car elles se produisent à un moment particulier du cycle saisonnier de la végétation (croissance des fruits, maturité des céréales) mais aussi de la faune (naissain de certains mollusques). De telles températures maximales font mourir la végétation par échaudage combiné au manque d’eau. Les conséquences sont fortes en matière d’adaptation aux effets du changement climatique. En ville, on voit dépérir beaucoup d’arbres plantés ces dernières années, encore fragiles faute de système racinaire assez profond. Il est beaucoup plus difficile de végétaliser les villes qu’il y a vingt ans.
Le gouvernement prend-il, ces jours-ci, la mesure de l’urgence climatique ?
Lors de l’épisode de fin mai, j’ai été sidéré par l’absence du gouvernement dans l’espace médiatique mais aussi par la faiblesse des discours et propositions de tous les partis politiques sur les enjeux liés aux chaleurs extrêmes, notamment sur les adaptations nécessaires, qui doivent s’inscrire dans un projet de société. S’agit-il d’attentisme en essayant de minimiser l’événement ? D’incompétence ? D’obstruction ? De couardise ?
La force politique qui semble avoir dicté l’angle de communication en matière de climat a été le Rassemblement national : ce parti a opéré un hold-up médiatique en brandissant le «chiffon rouge» de la climatisation, un objet de polarisation, ou plutôt présenté comme tel, de manière très caricaturale. Lors de ce deuxième épisode, le gouvernement essaie d’être plus présent mais avec une bonne dose d’enfumage qui révolte encore davantage. Les mots n’ont plus de sens, de profondeur, de lien avec le réel, dans un double langage orwellien qui sape toute confiance.
C’est-à-dire ? Les moyens dédiés ne sont pas à la hauteur des plans d’adaptation au réchauffement ?
Les plans gouvernementaux apparaissent beaux et ambitieux sur le papier mais ils omettent un levier essentiel, qui dérange et nous permettrait de diminuer nos vulnérabilités et d’assurer notre autonomie et notre souveraineté face à ces coups climatiques : la sobriété, en eau, en énergie, etc. Il y a un hiatus généralisé entre les mots, les moyens et les actes. A l’image des annonces sur le confort d’été faites [mercredi par le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, ndlr], la plupart déjà prévues il y a trois ans, alors qu’en parallèle le budget du fonds vert [créé en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales destinés à accélérer la transition écologique et donc l’adaptation], a été divisé par trois [le projet de loi de finances 2026 le dotait de 837 millions d’euros contre 2,5 milliards auparavant].
Tout le monde est perdu ! Cette politique de yoyo empêche, par exemple, les artisans à l’œuvre dans la rénovation des bâtiments, les grandes entreprises et les collectivités d’avoir une vision claire et de planifier une adaptation à la hauteur.
Quant à l’analyse de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, affirmant qu’on s’est trop intéressé à l’atténuation (diminution des émissions de gaz à effet de serre) au détriment de l’adaptation, elle est erronée et révoltante à ce niveau de responsabilité. Il est illusoire d’adapter la France à + 4 °C sans casse. Le succès de l’adaptation est conditionné à la réussite de la décarbonation car il existe des limites dures, des ruptures et des irréversibilités dans les écosystèmes et sociétés humaines. Toute politique régressive en matière de décarbonation est suicidaire.
Qui sont les grands freineurs de l’adaptation et de l’atténuation aujourd’hui ?
Un tissu complexe d’acteurs politiques et économiques avec des alliances de circonstances entre les lobbys économiques, les grands groupes financiers, les politiciens, certains chefs de partis et certains groupes de presse, etc. Les parlementaires ont une responsabilité majeure dans cette dynamique de frein car ils sont les «faiseurs de loi». Alors que leur mission est de protéger les personnes et les biens, ils actent l’impréparation généralisée et les régressions en matière d’adaptation et d’atténuation qui accentuent les risques. Certains élus ou partis sont les «bras armés» d’influences diverses. A l’échelle internationale, les lobbys des énergies fossiles sapent les efforts de transformation du système énergétique avec une attaque de plus en plus virulente envers les sciences du climat et envers les traités environnementaux. En France, le lobby agricole composé des agrochimistes et des grands groupes agroalimentaires freine la transition et nous enferme dans une dynamique mortifère.
En ce moment au Sénat, les parlementaires ont réintroduit l’acétamipride, un puissant insecticide néonicotinoïde, dans la loi d’urgence agricole, et assoupli le texte sur le stockage de l’eau. Que vous inspire ce choix allant à l’encontre des recommandations scientifiques ?
Voilà, c’est suicidaire. Sans modification majeure de la chaîne agricole, de la production à l’alimentation, le système agricole va s’effondrer, il ne tient que par des bouts de ficelle. Il s’agit de questionner les types de cultures, les revenus des agriculteurs, la ressource en eau en tant que bien commun à partager, le commerce mondial, la qualité des aliments… on va dans le mur. On le sait, la science est claire : les responsables prennent des décisions en toute conscience ; il faut arrêter de rejeter la faute sur les climatosceptiques ou sur certains journalistes et présentateurs en mal de buzz, ce ne sont que des idiots utiles développant dans un cadre populiste, polarisant et de postvérité, une fausse image de la France face à ces enjeux climatiques. Leur surexposition donne corps à une minorité et amplifie le retard. Oublions-les, n’en parlons plus. Pointons plutôt la responsabilité des décideurs actuels. Vu le peu de considération dont bénéficie le ministère de l’Ecologie, on voit bien que ce n’est plus une priorité. Pourtant, on ne peut pas négocier avec le changement climatique, la chaleur actuelle le rappelle plus que jamais.
Selon vous, il faut donc davantage politiser les événements climatiques extrêmes ?
Oui, il faut politiser les canicules. On doit dénoncer la défaillance des partis politiques en responsabilité, dans le maintien de la sécurité des personnes et des biens face aux risques climatiques. Tous doivent intégrer ces enjeux caniculaires, comme les autres événements extrêmes, au sein d’un changement profond de la société. Ce projet passe par un questionnement sur nos modes de vie, sur notre rapport aux ressources, sur les inégalités sociales qui doivent se traduire par des mobilités et une alimentation différentes, une agriculture résiliente, une électrification des usages, etc. Il faut électrifier mais pour qui, pour faire quoi ? Regardez les millions d’euros d’investissement annoncés cette semaine pour l’intelligence artificielle. A quel moment questionne-t-on les gouffres d’énergie et d’eau que sont les data centers ? Cette politique de priorisation de l’IA est incompatible avec les enjeux environnementaux et, en fin de compte, elle minimise l’impérative nécessité de s’engager dans une transition socio-environnementale.
Cette semaine, le ministre de la Ville et du Logement a pourtant reconnu que la canicule n’était pas qu’une «question météorologique ou climatique» mais «désormais une question de justice sociale».
Bravo, ça fait vingt ans qu’on le dit ! Les déclarations contradictoires sont perturbantes. Oui, les bouilloires et passoires thermiques sont un problème social. Dans ce cas, cartographions les vulnérabilités et mettons les moyens pour protéger les citoyens au lieu de couper les financements. Politiser les coups climatiques, pointer l’irresponsabilité des décideurs, permet aussi de mettre en avant un droit aussi fondamental que l’accès à l’eau : l’accès pour tous à la fraîcheur dans un monde qui se réchauffe. C’est-à-dire à des zones refuges, à des réseaux de fraîcheur urbains, à des conditions décentes pour nos enfants et les professeurs dans les écoles ou pour les travailleurs à l’extérieur.
Face à la multiplication des crises et à l’apathie du politique, que peut le citoyen ?
En 2022 la chaleur a tué plus de 61 00 personnes en Europe et 5 000 personnes en France. Il est révoltant que notre société s’accommode ainsi d’autant de décès chaque année. La mortalité se banalise, s’invisibilise… Nous faisons face à un déni de responsabilité et à un déni de démocratie. Une des solutions est de soutenir les actions territoriales et d’investir les mécanismes démocratiques locaux en créant des espaces d’échange transparents et horizontaux, comme des conventions citoyennes. Même si celle sur le climat a été suivie d’effets législatifs décevants, la dynamique humaine et démocratique qu’elle a créée reste un exemple inspirant. Il y a urgence à arrêter de subir et à reprendre en main notre destin : lutter contre le changement climatique n’est pas un projet technique mais un projet fondamentalement politique, au sens le plus noble du terme, celui de faire société
Manifeste pour une écologie politique
par Alessandro Pignocchi <3
Toujours fin mais avec les deux pieds dans le plat
Matignon et Bercy ont truqué deux appels à projets de l’Agence de la transition écologique (Ademe) pour financer le géant de la pétrochimie Ineos, révèle Disclose. La multinationale va toucher plus de 300 millions d’euros d’argent public pour soutenir l’activité d’une usine parmi les plus émettrices de CO2 en France.
Le sujet est vaste et complexe. Si bien qu’il aura fallu s’y mettre à 18 mains pour l’écriture, 2 de plus pour l’illustration et un paquet de plus pour les différentes relectures, corrections et éclairages d’angle mort. Mais ça y est : le petit manuel d’esprit critique pour le militantisme écologiste, après une première version en 2022 suivi de nombreuses réécritures connait enfin une version définitive (au mois temporairement définitive !) et publiée aux Éditions Matériologiques !
Un rapport de l'Université des Nations unies chiffre pour la première fois l'empreinte carbone, hydrique et foncière de l'intelligence artificielle. Les chiffres donnent le vertige : 945 TWh d'électricité projetés en 2030, 9 300 milliards de litres d'eau, 14 500 km² de terres. Et chaque prompt que vous envoyez y contribue.
il apparaît sans équivoque qu’il est aujourd’hui impossible pour les grandes entreprises de bifurquer. Au-delà même des freins à une bifurcation vers des pratiques de sobriété, c’est l’impasse d’une adéquation entre capitalisme et écologie à laquelle on se heurte. L’enjeu central qui se dresse devant nous n’est plus la bifurcation des grandes entreprises mais leur fermeture et leur démantèlement.
Simple. Basique.
L’Atelier d’écologie politique (Atécopol) participe, depuis son lancement à l’automne 2018 à #Toulouse, à la construction d’une communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques.
suivez @AtEcoPol@sciences.re !
En 2025, Camille* a été privée de son emploi au festival de Cannes. La sous-préfecture a refusé son embauche après un "criblage automatisé" qui découle d’une loi antiterroriste. Militante écologiste active, la jeune fille a porté son affaire devant la justice, dans un contexte de répression croissante des défenseurs de l’environnement et du climat.
Tout va bien dans notre belle démocratie !
C'est une première en France, la justice contraint Toulouse (Haute-Garonne) à respecter la législation sur la pollution lumineuse. [...]
Depuis 2013, un arrêté gouvernemental encadre cette pollution lumineuse : "les enseignes lumineuses doivent être éteintes entre 1 heure et 6 heures du matin."
Bon, pour les vitrines, c'est clair. Maintenant, on peut s'attaquer aux publicités lumineuses et aux écrans publicitaires !
Une retenue d’eau creusée en 2020 pour garantir l’enneigement d’une piste de ski qui pourrait figurer aux JO Alpes 2030 menaçait jusqu’à peu un hameau de la commune.
Article complet ci-dessous
Les travaux réalisés pour garantir l’enneigement de la célèbre piste de l’Eclipse, à Courchevel (Savoie), pour les Championnats du monde de ski alpin de 2023 et dans la perspective des JO Alpes 2030, ont-ils exposé les populations d’un hameau en contrebas à un scénario qui aurait pu être catastrophique ? Selon une expertise géomorphologique datée de décembre 2025 à laquelle Le Monde a eu accès, la retenue d’eau de la Loze, creusée en 2020 à 2 270 mètres d’altitude pour stocker les 170 000 mètres cubes d’eau nécessaires à l’enneigement des 3,2 kilomètres de piste, s’affaisse sur ses fondations à une vitesse alarmante.
L’infrastructure, d’un coût de 5,7 millions d’euros, avait montré ses premières faiblesses dès sa mise en eau. « La première année, en 2022, on avait noté un léger tassement qu’on a d’abord attribué à la récente mise en service », observe David Vignon, directeur des projets et du développement durable de la Société des Trois Vallées (S3V), qui exploite le domaine skiable de Courchevel.
Face à la persistance du phénomène, cette entreprise a mandaté le géant mondial de l’ingénierie de l’eau et des barrages, Artelia, pour une expertise plus poussée. Mi-décembre, la quarantaine de pages remises aux dirigeants de l’entreprise a conclu à une défaillance structurelle du barrage d’altitude, liée à l’évolution thermique du sous-sol.
« Fonte de la glace résiduelle »
En superposant des images de 2022 et de 2025, les ingénieurs d’Artelia ont conclu que « l’ensemble du glacier rocheux » sur lequel est installée la retenue « s’affaisse ». Un mouvement que ces spécialistes expliquent « par la fonte de la glace résiduelle toujours présente de façon très probablement diffuse sous le glacier rocheux ». A la différence d’un glacier « blanc » classique, cet amas de roches et de glace vieille de plusieurs siècles, voire millénaire, se comporte comme une pâte épaisse. Tant que la glace reste gelée, la matière est stable, mais dès qu’elle fond, le liant disparaît et la cohésion des blocs avec.
En prime, cette fonte affecte la partie de la retenue située côté digue, en surplomb de la pente. C’est cette zone qui « s’affaisse de façon plus importante, de l’ordre de 40 à 50 centimètres depuis sa création, soit environ 15 centimètres par an », précise le rapport. S’il n’est pas anormal qu’une construction de ce type bouge de quelques millimètres chaque année, les 150 millimètres relevés à la Loze ont été jugés suffisamment inquiétants pour que la préfecture de Savoie impose, fin 2025, une vidange partielle, puis quasi totale, de la réserve. « Dans un premier temps, nous avons dû descendre à 146 000 mètres cubes d’eau, puis à 132 000 et, finalement, à 25 000 mètres cubes », rappelle David Vignon. Une façon radicale d’éviter le scénario catastrophe envisagé dans l’étude d’impact : une rupture de la digue, barrage plein, aurait risqué de précipiter en trente minutes une lave torrentielle sur La Tania (90 chalets et huit résidences hôtelières), l’un des hameaux de Courchevel.
Les scientifiques qui scrutent au quotidien la montagne et ses aménagements s’émeuvent de ce fiasco. Carmen de Jong, géographe à l’université de Strasbourg et spécialiste de l’hydrologie d’altitude, aimerait comprendre « comment on a pu autoriser la construction, il y a quelques années, de cette immense retenue d’eau sur une zone aussi mouvante ». Elle estime fâcheux qu’on ait « amputé de presque 1,5 hectare un glacier rocheux remarquable pour y placer une retenue collinaire » et déplore qu’on n’ait pas anticipé « qu’avec le dérèglement climatique, il ne va pas s’arrêter de fondre ».
Expert reconnu dans l’étude du permafrost et de la dynamique des glaciers rocheux des Alpes, Xavier Bodin, lui, conçoit qu’on ait pu ne pas détecter la présence de glace lors de la construction. « Le glacier rocheux était cartographié, mais il reste toujours difficile de prédire s’il contient encore de la glace », rappelle ce chercheur au CNRS rattaché au laboratoire Edytem (Environnements, dynamiques et territoires de la montagne), qui estime quand même que « c’était jouer avec le feu que d’installer la retenue versant nord à plus de 2 200 mètres d’altitude ».
Le chercheur regrette, au passage, que cet aménagement « contribue à la disparition d’un vestige de la fin de la dernière époque glaciaire en accélérant la fonte de ces glaces qui ont commencé à se former durant la grande glaciation, à l’époque où le climat des Alpes ressemblait à celui du Groenland aujourd’hui… Ces objets scientifiques exceptionnels sont désormais non seulement menacés par le réchauffement climatique, mais aussi, comme ici, par certaines activités humaines », rappelle-t-il, soulignant le rôle de la retenue de 2,7 hectares dans la fonte du glacier.
Un radiateur géant
Artelia conclut en effet que la fonte du permafrost de la Loze est moins due au réchauffement global des Alpes qu’à la retenue elle-même. Celle-ci a agi comme un radiateur géant et a été à l’origine de l’accélération du dégel, le rapport rappelant que « les effets thermiques des lacs sur le permafrost ont été mesurés jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur ».
Alors que les sites des JO Alpes 2030, encore en discussion, doivent être finalisés avant l’été, et que Courchevel, joyau du domaine français, fait pour l’heure partie des sites incontournables avec la piste de ski de l’Eclipse, la S3V a déjà son plan pour sortir de l’impasse. « Suite à l’étude Artelia, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) nous demande soit d’enlever la glace qui se trouve sous la retenue, soit de sortir la retenue de la zone d’aléas, soit d’injecter un liant qui remplirait le vide laissé par la fonte des glaces », expose David Vignon. Ce dernier sait désormais, après une nouvelle campagne de sondages réalisée ce printemps par deux géomorphologues, que la glace a une épaisseur comprise entre 5 et 10 mètres et se trouve à 7 mètres sous une partie seulement du lac artificiel.
La S3V projette donc de réduire légèrement la surface de la retenue, là où la glace souterraine est présente, puis de reconstruire la digue en la faisant passer de 19 à 21 mètres de hauteur, afin que la réserve conserve le même volume d’eau. Et, pour l’heure, David Vignon se veut formel : « Les connaissances que nous avons aujourd’hui de la zone de la retenue ne remettent pas en cause l’usage de la piste de l’Eclipse lors des JO Alpes 2030. » Après s’être mis d’accord avec la mairie de Courchevel (qui, comme la préfecture, n’a pas répondu à nos sollicitations) pour libérer l’Eclipse de compétitions durant l’hiver 2026-2027, l’homme a déjà son rétroplanning. « Nous refaisons des sondages en juin, déposons nos demandes en septembre à la préfecture pour instruction du dossier cet hiver, et délivrance des autorisations au printemps 2027. Les travaux commenceront en avril et la Loze sera remise en eau en novembre », rappelle le responsable des projets. En parallèle, la S3V a lancé un audit des installations qu’elle gère en altitude, de crainte que la mésaventure de la Loze se répète ailleurs.
Pour l’heure, ce dossier à « plusieurs millions d’euros » est entre les mains de quatre assureurs qui cherchent le responsable de la faillite initiale. Ce qui agace Valérie Paumier, la fondatrice de Résilience Montagne, une association qui milite pour un aménagement compatible avec le dérèglement climatique. Pour elle, « tant que les banques financent et tant que les assurances assurent ces projets à rebours de tous les constats, il sera impossible de changer vers un modèle en ligne avec les enjeux environnementaux, et les exploitants continueront à dégrader les milieux montagnards et la planète ».
Cette opposante de la première heure à la construction de cette retenue rappelle qu’officiellement, « les valeurs du CIO sont incompatibles avec la destruction des espaces naturels » et que la retenue de la Loze est bien la preuve, image à l’appui, que « les JO 2030 ne peuvent pas être durables et écologiques comme annoncé par la gouvernance ».
Avez-vous déjà entendu parler du Canal Seine-Nord Europe ? Non ? Pourtant, c'est l'un des plus gros chantiers d'infrastructure jamais lancés en France : 107 km de béton, 54 mètres de large, réservé à des péniches XXL, pour la modique somme de 7,3 milliards d'euros d'argent public.
Entre saccage de la biodiversité, menaces sur les nappes phréatiques et création d'une mégabassine grande comme 20 Sainte-Soline pour alimenter le tout, plongez avec nous dans les coulisses du chantier du siècle dont personne ne vous parle.
la sobriété en matière énergétique est oubliée, au profit de l’intervention sur les prix, ce qui conduit selon elle à une situation particulièrement inégalitaire et conflictuelle.
Je ne comprends pas qu'on ne veuille pas investir dans la sobriété... En même temps, la sobriété, c'est pas tout à fait un modèle viable pour du #capitalisme... Y aurait-il un lien ?
Une vingtaine de gendarmes et d’inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité ont fouillé le siège social d’Atosca et une base de vie du chantier, à Puylaurens dans le Tarn
À un moment, on va pouvoir imaginer que la justice agira pour arrêter ce projet digne de la mafia...