🎙Cette semaine, dans le before, Jean Massiet reçoit Bertille Mazari et Timothée Gosselin de LaSuite.coop, une coopérative qui développe une alternative libre et souveraine aux grandes plateformes numériques. Avec eux, on parle souveraineté numérique, logiciel libre, dépendance aux GAFAM, rôle de l’État et alternatives concrètes pour reprendre un peu le contrôle sur nos outils du quotidien.
Tu utilises Google Docs pour partager des documents avec tes collègues ou tes stagiaires ? Tu n'es pas seul. Mais sais-tu vraiment ce qui se passe avec tes données ? Spoiler : Google, lui, le sait très bien.
Il existe une alternative libre, chiffrée, française - et franchement bluffante : CryptPad.
La plateforme française jure que ses données médicales sont à l’abri en Europe, mais elle transmet la plupart de ses informations à Google, Microsoft et Anthropic, pour entraîner ses propres modèles d'intelligence artificielle. La Cnil, elle, est aux abonnés absents.
(article complet ci après)
La licorne n’est pas vraiment à cheval sur les principes ! Fin avril, la boîte fondée par Stanislas Niox-Chateau, un proche d’Emmanuel Macron, a fait savoir à ses utilisateurs (500 000 praticiens et 90 millions de patients en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et, bientôt, en Grande-Bretagne) que sa politique de protection des données à caractère personnel « évolu[ait] ». Doux euphémisme… Car Doctolib, qui s’enorgueillit de faire rayonner le savoir-faire hexagonal, refile les données de ses utilisateurs aux géants de la tech américaine.
Microsoft power
Depuis 2024, moyennant 79 euros par mois, la plateforme propose en effet aux médecins d’utiliser un assistant virtuel à la consultation qui, avec l’accord du patient, prend note de leur conversation. « Aucun tiers ne peut accéder au contenu des notes médicales », assure Doctolib. Sauf que ces notes, à en croire la politique de protection des données de l’entreprise, entraînent les modèles d’intelligence artificielle eux-mêmes coachés par Google (Gemini), Anthropic (Claude) et Microsoft (Copilot). Carton rouge ! Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser.
Y aurait-il Trumperie sur la marchandise ? Doctolib a aussi un contrat avec Meltio, une boîte californienne qui héberge des données aux Etats-Unis.
La Commission nationale de l’informatique et des libertés, chargée du respect du règlement européen en France, assure ne pas être « en mesure de se prononcer sur la légalité » de cette situation. Voilà qui est rassurant. « Quand on pense que le Health Data Hub a été crucifié pour avoir fait affaire avec Microsoft… » s’étouffe un spécialiste du numérique. La base de données de santé publique destinée à la recherche avait fait hurler les souverainistes, quand elle était hébergée, de 2019 à 2026, chez Bill Gates, avant d’être transférée, en avril, chez le français Scaleway. Mais Doctolib semble immunisé.
Lobby à tout-va
Pour garder la forme, la firme abuse du lobbying. L’an dernier, elle a dépensé près de 500 000 euros pour « promouvoir une politique de l’hébergement, de la protection et de la portabilité des données favorable à l’activité de Doctolib » auprès de parlementaires tricolores et 300 000 euros auprès des Européens. Elle est aussi représentée par le groupe de pression Digital Europe, au budget de 4 millions d’euros, consacré à l’influence sur le continent.
Quels sont les risques pour les clients de Doctolib ? Les datas fournies (antécédents médicaux et familiaux, prescriptions, données biologiques, etc.) sont suffisamment précises pour qu’un malade puisse être identifié. Un cadeau pour les compagnies d’assurances qui mettraient la main dessus. D’autant que, même en cas de décès, les informations peuvent être conservées « à des fins probatoires ou pour répondre à une obligation légale (telle que la conservation du dossier patient) » et exploitées.
Même chez les morts, les données bougent encore…
C'est quoi un bon du trésor ? À quoi ça sert ?
Pourquoi les gens en achètent ? Combien ils gagnent grâce à ça ? Où est le rendement (le fameux yield)
Pourquoi ce yield varie, ici à la hausse ?
Pourquoi cette hausse est inquiétante pour le monde de la finance ?
Un peu de vulgarisation économique par @UnePorte@eldritch.cafe, c'est toujours au top !
L’emprise des géants de la tech ne relève pas seulement d’une domination financière ou d’un privilège de caste. Elle structure un authentique (techno-)fascisme. Un système global bien plus résilient qu’une oligarchie. Ce pouvoir ne cherche pas à convaincre, mais à neutraliser toute contestation à la racine. Par la capture attentionnelle et l’invisibilisation algorithmique, il impose un présent perpétuel et mondialisé qui fige les inégalités et cherche à enfermer les existences dans un ordre biopolitique permanent.
Je ne veux plus que les photos et vidéos de mes enfants soient publiées sur les plateformes de ces géants que sont Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp), Google (Youtube), Tiktok, Snapchat….
Je plussoie mais dur de faire respecter ça par l'ensemble d'un public présent (en vrai, y'a des moyens, genre, prévenir l'audience avant le début du spectacle...). Mais le principe est bon.
Reprendre le pouvoir. Reprendre le contrôle. La mainmise des Big Tech sur tous les aspects de nos existences est devenue indomptable. Il faut nous en défaire. Les solutions existent, en plus. Par milliers. Elles viennent du fond des premiers âges de l’informatique, quand le mercantilisme n’avait pas encore envahi le secteur de la tech. Notre salut se niche dans les logiciels libres et les communs numériques. La transition est inconfortable. Elle nécessite de bousculer nos habitudes, très ancrées. Mais le jeu en vaut la chandelle : celle d’un numérique enfin éthique. Chut! trace ce chemin vers un monde libéré des Gafam. Un chemin tortueux. Mais tellement libérateur !
La désinformation prend surtout le visage hideux d’un projet politique fasciste – de la guerre informationnelle menée par la Russie aux affirmations négationnistes de Grok, en passant par les fake news de Trump, servies pour asseoir ses ambitions suprémacistes. La pensée critique, au XXIe siècle, n’est plus une simple hygiène mentale. Elle est l’unique garantie de la sauvegarde de nos libertés et de notre démocratie.
Au Kenya, la société Sama, sous-traitant de #Meta, a annoncé mi-avril 2026 le licenciement de plus d’un millier d’employés à Nairobi après la rupture de son contrat avec le groupe américain. Cette décision survient dans un contexte déjà tendu, renforcé en février par les révélations sur l’accès à des contenus intimes via les lunettes connectées de Meta. Sans lien officiel établi, ouvriers, chercheurs et ONG évoquent un récit qui tend à faire porter aux travailleurs la responsabilité de la rupture.
Des recettes pour vous degoogliser !
Our digital lives are in the hands of a few ultra-rich individuals. Through the monopolistic positions of their companies, people like Elon Musk, Jeff Bezos, and Mark Zuckerberg dictate worldwide how we get our information online, how we discuss issues and communicate, or do business. No individual or business should have such unchecked influence, because if they do, we are no longer free. The good news is: At the moment we are giving them this power, and we can take it back!
Google has tied its next-generation reCAPTCHA system to Google Play Services on Android, meaning anyone running a de-Googled phone will automatically fail verification when the system decides to challenge them.
Google est en train d'interdire aux utilisateurs d'un téléphone Android dégooglisé d'accéder aux pages qui ont intégré son fameux "captcha" ("cliquez sur les motos...")
Polluter and Cyber Elites Part 1: Social media wrecks mental health and the climate while promoting the far right. But are the tech bros about to crash?
Première partie d'un essai en deux volets consacré à la collusion entre l'élite des pollueurs, l'élite cyber/technologique et l'extrême droite – et à la manière dont la recherche de revenus publicitaires les relie tous
Un cercle d'exploration sur le réseau social #Mastodon, initié par le ministère de la Culture et le studio PCFH, regroupe plusieurs institutions culturelles françaises depuis juin 2025. Presqu'un an après leurs débuts, elles tirent le bilan de leurs actions sur cette plateforme alternative.
Petit à petit, il n'est pas impossible qu'on arrive à s'extraire des médias sociaux publicitaires des GAFAMX
Le ministère, tout comme l’État, recommande de ne plus utiliser les services du géant informatique états-unien. Les risques de dépendance, de pression et d’espionnage de données sont de plus en plus élevés. Pourtant, l’Éducation nationale a renouvelé le contrat jusqu’en 2029.
On ne change pas une équipe qui .. euh non rien...
Il existe maintenant une vidéo reprenant les images de mon article vous expliquant pourquoi quitter WhatsApp pour migrer sur Signal !
- Vous ouvrez votre boîte Gmail avec votre café du matin, prêt à affronter la jungle de vos courriels, et soudain, vous tombez nez à nez avec un outil que vous n'avez jamais demandé. Gemini, l'intelligence artificielle de Google, est là, installée confortablement, résumant vos échanges privés sans que vous ayez trouvé le moindre bouton pour désactiver cette intrusion. Si cela vous donne une impression de déjà-vu, c'est normal. Cette manœuvre rappelle étrangement le déploiement forcé des "AI Overviews" dans les résultats de recherche, ou l'arrivée imposée de Meta AI dans nos applications quotidiennes comme WhatsApp et Instagram. La tendance est lourde et le message de la Silicon Valley est clair, l'IA est là, que vous le vouliez ou non.
(insérer mème Toy Story)
IA.
IA Partout.
le podcast de @mathildesaliou et en particulier cet épisode dans lequel la militante et autrice Camille Lextray raconte les difficultés à animer un compte féministe sur Instagram.
Entre la chaise et le clavier: [Algorithmique 3/6] Questionner les systèmes
Notre dépendance numérique aux États-Unis est extrême. Il est temps d’inclure la relocalisation numérique dans nos plans de réindustrialisation.
Excellent résumé de Maël Thomas pour "Bon Pote"
Bienvenue sur X, l’ex-Twitter d’Elon Musk, où la gauche s’épuise à combattre des moulins à vent numériques, pendant que l’extrême droite et les complotistes dominent le jeu sans même avoir à transpirer.
"Oui, mais je combats de l'intérieur".
Bon, bah, en fait non. Tu t'épuises tout·e seul·e dans ton coin et pire, tu alimentes le truc et le favorise même grâce à l'effet de réseau.
bref, barre-toi.
(et ça vaut pour Facebook, Instagram et cie)
Le constat est sans appel. L'étude réalisée par des juristes de l'Université de Cologne établit que le Cloud Act, combiné au Stored Communications Act et à la Section 702 du FISA, permet aux autorités américaines d'exiger des données auprès des fournisseurs cloud, peu importe où ces données sont physiquement hébergées. Ce qui compte, c'est le contrôle exercé sur l'entreprise qui traite les données. Si la maison-mère est américaine ou si l'entreprise a des liens commerciaux significatifs avec les États-Unis, les données peuvent être réclamées. Les filiales européennes de Microsoft, Google ou Amazon sont donc directement concernées.
Voilà. C'est à peu près clair pour tout le monde maintenant ?
Ça fait des années que les acteurices militantes des données personnelles, du respect de la vie privée, de la lutte contre la surveillance etc. le disent. La justice l'a dit aussi (coucou les arrêts Schremps I et II auprès de la Cour de Justice de l'Union Européenne). Et maintenant, les universitaires le confirment.
Donc, maintenant, on se barre des outils US. Merci.
Voilà un an, presque jour pour jour, que j’ai créé mon compte Instagram. Mais alors que je concluais mon premier retour d’expérience — de deux mois — relativement positivement (avec quelques mises en garde quand même), qu’en est-il un an plus tard ?
Suspens !